DVV

 

 

Statement of the German Foreign Office

Prise de position sur la politique culturelle et éducative à l’étranger du ministère allemand des Affaires étrangères (AA)


Cette prise de position conceme la dévalorisation de l’éducation des adultes et le retrait du soutien qui lui est alloué dans le cadre de la politique culturelle et éducative à l’étranger du ministère allemand des Affaires étrangère.

La formation des jeunes et des adultes a une importance cruciale pour le déve loppement des sociétés, quelles qu’elles soient. Elle est dispensée dans le cadre de l’éducation extrascolaire et de la formation continue, les principaux organismes d’appui étant les universités populaires. Dans le domaine international, la situation est identique: les universités populaires et la DVV apportent depuis des années une contribution substantielle et reconnue à la politique culturelle et éducative à l’étranger.

Dans sa lettre du 25 août 2006, le directeur du département de la Culture et de l’Éducation du ministère des Affaires étrangères a fait savoir à la DVV que «la direc tion du ministère des Affaires étrangères… a décidé de ne plus appuyer de projets d’éducation des adultes à partir de 2007». Cette décision, justifiée par la nécessité de «fixer des priorités» (non spécifiées) à une époque de «vaches maigres», résulte d’une évaluation «réalisée dès 2004 lors d’un examen des organisations».

Le Conseil consultatif international de la DVV comprend mal cette décision. Il prie le ministère des Affaires étrangères de juger à sa juste valeur le soutien qu’il consent depuis des années et avec succès à l’éducation des adultes et à son organisation intermédiaire, d’autant que cette dernière, loin de se cacher derrière des argu ments infondés, est parfaitement disposée à engager un dialogue professionnel. Ceci doit donc se traduire par une révision de la décision du ministère et par un rétablissement de ce partenariat éprouvé, qui est un important pilier de la politique culturelle et éducative à l’étranger.

Depuis plus de trois décennies, les universités populaires, leurs associations régionales et la DVV réalisent, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères, des activités de coopération avec des organismes européens et internationaux aux niveaux national, régional et local. Une documentation a été publiée récemment par l’Association des universités populaires du Land de Hesse. L’impressionnante description du travail effectué met en exergue les activités réalisées à plusieurs niveaux dans le cadre du partenariat qui lie depuis des années la Hesse et la Slovénie, aux fins d’appuyer le processus de transformation dans ce pays. La coo pération entre éducateurs d’adultes de Thuringe et de Turquie s’appuie elle aussi sur une longue tradition. Par ailleurs, les efforts consentis par l’université populaire de Stuttgart pour faire fructifier les approches interculturelles dans le cadre de projets internationaux à la fois en Allemagne et dans les pays partenaires, ont été encou ragés. Avec le soutien du ministère des Affaires étrangères, l’université populaire de Hambourg s’est pour sa part engagée dans une coopération baltique fructueuse. Dans ce contexte, la «culture du dialogue» prônée par le ministre des Affaires étrangères, M. Steinmeier, a été mise en pratique en dépit de moyens financiers très limités. Le ministre avait plaidé en faveur d’une «culture du dialogue» dans son discours d’ouverture prononcé à l’occasion de la Conférence «Faire agir – La culture et l’éducation dans la politique extérieure allemande», en octobre 2006.

De multiples exemples montrent que les activités internationales de la DVV ont été aussi et surtout conçues en réponse aux défis qui se sont posés à la politique extérieure au cours des dernières décennies: prise de contacts active à tous les ni veaux avec les organismes partenaires en Europe centrale et orientale, et en Europe de l’Est après la chute du «rideau de fer», mais aussi contribution des universités populaires à la réconciliation, à l’entente et au travail de mémoire en Europe du Sud-Est. Le ministère des Affaires étrangères a toujours été un partenaire ouvert et conciliant. Ceci vaut également pour le soutien accordé à notre engagement de longue date en Afghanistan et pour le dialogue culturel Europe-Islam, qui a sans aucun doute tiré profit de la solide expérience acquise par l’éducation des adultes allemande dans son travail avec les migrant(e)s. La DVV s’est elle aussi comportée comme une partenaire à la fois flexible et compétente, toujours bienveillante et suffisamment expérimentée pour apporter des réponses aux défis nouveaux.

Le catalogue des objectifs et des missions du ministère des Affaires étrangères dans le domaine de la politique culturelle et éducative à l’étranger privilégie à juste titre les orientations et les lignes directrices suivantes: «Contribution à la prévention des crises et des conflits dans le monde», «Promotion de l’intégration européenne» et «Dialogue entre les hommes». Il va de soi qu’il est impossible d’atteindre ces objectifs si l’on s’adresse exclusivement aux élites, aussi importantes soient-elles dans le contexte culturel et économique de l’Allemagne. En ce qui concerne les dissensions avec le monde musulman, mais également dans d’autres domaines, il importe au contraire de créer une «plate-forme pluraliste, s’adressant à tous les groupes de le population et à laquelle puissent adhérer les intérêts les plus divers», ainsi que l’a conseillé le ministre des Affaires étrangères à Berlin. Dans ce contexte, c’est un fait généralement admis que les contacts professionnels à différents niveaux sont l’instrument idoine. L’abandon injustifié d’un instrument éprouvé et considéré pendant longtemps comme efficace par le ministère des Affaires étrangères appa raît par conséquent et pour le moins comme un acte de négligence. Au lieu de se priver d’expériences et de compétences solides, le ministère devrait être conscient de la diversité et des potentiels offerts par l’éducation des adultes, et les mettre à profit; ceci permettrait en même temps d’améliorer la qualité des organismes responsables et leur compétitivité, qui repose elle-même sur une certaine diversité des organisations en aval.

Pour les raisons exposées plus haut, le Conseil consultatif international de la DVV ne comprend donc pas la décision du ministère des Affaires étrangères. À ses yeux, l’argument de la «période de vaches maigres»«L’éducation des adultes dans la politique culturelle et éducative à l’étranger. Une nécessité et une chance.», publié par l’Institut de coopération internationale de la DVV en juillet 2005:

n’a aucune valeur étant donné que le volume de l’appui dont bénéficie l’éducation des adultes se limite à un infime pourcentage du budget de la politique culturelle et éducative à l’étran ger et qu’inversement, d’autres secteurs ont, eux, bénéficié d’une augmentation budgétaire. La réalité révèle en fait un travail diversifié et fructueux, décrit dans un bilan intitulé

«Les crédits relativement réduits de la politique culturelle et éducative à l’étranger ont un impact considérable. Les 120 000 euros alloués en 2004 ont permis de concevoir avec succès plus de 30 projets. Bon nombre d’activités ont pu être cofinancées par les partenaires. C’est surtout grâce aux financements allemands que certaines initiatives professionnelles ont pu atteindre un bon niveau qualitatif et être canalisées ultérieurement dans la coopération et les réseaux européens. Nos projets de dialogue interculturel et interreligieux en sont les exemples les plus notoires.»

Stuttgart, 4.12.2006

Source: www.dvv-international.de

 

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