Timothy D. Ireland

 

Forums sur l’éducation des jeunes et des adultes au Brésil: l’heure des redéfinitions?

 

Introduction

Traditionnellement, l’éducation des jeunes et des adultes (EJA) au Brésil a de tout temps été promue par le gouvernement et la société civile. Les interventions gouvernementales s’adressaient généralement à un large segment de la population exclue de l’enseignement formel à l’aide de programmes, de campagnes et de mouvements d’alphabétisation, de classes de la seconde chance et de programmes d’équivalence. Dans la langue officielle, c’est à ce type d’enseignement que se réfère le terme «Éducation des jeunes et des adultes».

Pour sa part, la société civile était généralement associée à des approches d’éducation des adultes moins formelles fondées sur les principes de l’éducation populaire. Parmi ceux qui ont contribué à formuler et à promouvoir des activités éducatives, on citera les mouvements religieux et syndicaux, les organisations d’étudiants, les associations de voisinage, les groupes de jeunes, les clubs de personnes âgées et bon nombre d’organisations similaires. S’il est vrai que les actions collectives impliquant les ONG, les organismes internationaux, les travailleurs et les propriétaires, les syndicalistes, de même que les mouvements populaires et sociaux, ont été relativement nombreuses dans l’histoire récente de l’éducation des jeunes et des adultes au Brésil, seules peu d’entre elles ont atteint une dimension réellement nationale et ont été capables d’articuler les initiatives éducatives développées par le gouvernement et la société civile. Le rôle des forums sur l’éducation des jeunes et des adultes qui, au cours de la dernière décennie, ont généré un mouvement national qui a pu encourager le dialogue entre des camps et des points de vue opposés dans ce domaine, est d’autant plus important.

Séance finale
Source: Barbara Frommann

 

Au niveau international, on rappellera que les années 90 ont été marquées par douze grandes conférences internationales1 des Nations unies, dans lesquelles les organisations non gouvernementales ont joué un rôle crucial. On citera un certain nombre d’exemples paradigmatiques, notamment la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement (ECO 92) à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, et la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, qui s’est tenue à Pékin (Chine) en 1995. La 5ème Conférence internationale sur l’éducation des adultes, CONFINTEA V, a clos ce cycle de conférences sans renoncer à faire participer les sociétés civiles à la préparation des débats, puis aux débats proprement dit pendant la conférence.

La première expression de ce qui allait devenir les forums sur l’éducation des jeunes et des adultes s’est inspirée du processus de mobilisation initié par l’UNESCO pour la CONFINTEA V de Hambourg en 1997. Dans ce court article, nous décrirons et analyserons les origines, puis l’évolution de ce mouvement entre les CONFINTEA V et VI, que nous considérons comme un exemple utile de pratiques novatrices dans le domaine de l’EJA. Nous identifierons les principales caractéristiques et la composition des forums. En tentant de systématiser l’évolution du mouvement entre sa conception en 1996 et aujourd’hui, nous montrerons dans quelle mesure le rôle des forums a changé, à quels grands défis ils sont confrontés, et quelles leçons nous pouvons en tirer.

Origines du mouvement des forums

Dans le cadre des travaux préparatoires de la CONFINTEA V en 1996, la Commission nationale d’éducation des jeunes et des adultes (CNEJA) a recommandé que le rapport national brésilien – l’un des éléments constituants des conférences de catégorie II de l’UNESCO – soit élaboré sous forme participative, et a proposé la préparation de documents aux niveaux national, puis régional, devant servir de base au document national. Le processus s’est soldé par une rencontre nationale à Natal (État du Rio Grande do Norte) à l’occasion de laquelle le document final a été rédigé, puis accepté par l’assemblée de délégués représentant à la fois les gouvernements fédéraux, nationaux et municipaux, et les organisations de la société civile. La décision d’inclure cette dernière dans le processus de consultation a constitué sans aucun doute un pas en avant qui n’a pas été exempt de profonds conflits. Le rapport, soigneusement élaboré et approuvé lors de la rencontre nationale, a plus tard été remplacé, lors de la Conférence régionale latino-américaine de Brasilia en 1997, par un rapport préparé exclusivement par le ministère de l’Éducation. C’est dans ce climat et au cours du processus de mobilisation qu’a été créé le premier forum, dans l’État de Rio de Janeiro.

Les forums sont certainement nés à la suite de deux circonstances négatives et de deux positives. Parmi les circonstances négatives, nous citerons le fait que le gouvernement central de l’époque ait choisi de se baser sur la Déclaration mondiale sur l’éducation pour tous de Jomtien pour réaliser l’enseignement primaire universel pour tous les enfants d’âge scolaire. L’éducation des adultes en a fortement souffert. Il y avait en même temps un manque de coordination entre les différents acteurs qui, en dépit de l’absence de politique fédérale en matière d’éducation des jeunes et des adultes, ont continué à développer des programmes et des projets dans ce domaine: gouvernements des États et gouvernements municipaux, universités, système «S»,2 syndicats et mouvements sociaux. La création progressive des forums répond à une tentative de combler ce vide politique tout en offrant un espace dans lequel les divers prestataires pourraient se rencontrer et discuter sur différentes formes de collaboration. Pour ce qui est des circonstances positives, nous citerons la participation au processus consultatif de la CONFINTEA, qui a sans aucun doute fourni une opportunité concrète de mobilisation tout en faisant apparaître la notion de responsabilité partagée, une prise de conscience du fait que la responsabilité des prestations de formations d’adultes incombe à la fois au gouvernement et à la société civile.

Bien que les forums ne soient pas construits sur le même modèle, ils ont des points communs. La grande majorité d’entre eux sont non institutionnalisés, autogérés et autoconvoqués: ils élisent leurs propres coordinateurs et décident de leurs propres calendriers d’activités. La plupart d’entre eux n’ont pas de sources de revenus fixes. Le forum est considéré comme un espace démocratique, horizontal, pluriel et critique qui permet de discuter sur la mise en place d’une politique locale et nationale d’EJA, y compris sur le plan financier et légal, mais aussi d’échanger des expériences en matière de formation et de méthodologie.

La confrontation entre des conceptions théoriques et des méthodologies différentes requiert un esprit démocratique convivial et exige qu’on accepte la pluralité et la diversité, dans la mesure où elles sont les bases de la société démocratique. En même temps, les forums donnent la possibilité de mieux relier entre eux les différents acteurs concernés, sans nier les différences et les tensions évidentes qu’il n’est pas toujours facile de maîtriser. Les administrations publiques (État local et autorités municipales), universités, système «S», mouvements sociaux et syndicaux, ONG, participent à la majorité des forums sans nécessairement «représenter» formellement leur segment. Ceux qui y participent exercent diverses fonctions: éducateurs populaires et éducateurs ayant suivi une formation (éducateurs «non qualifiés» et éducateurs «qualifiés»), activistes, managers, syndicalistes, chercheurs, étudiants et dirigeants communautaires. Étant donné le contexte dans lequel les premiers forums ont été fondés, la capacité d’exercer des pressions politiques a également fait partie intégrante de leur mission fondamentale.

Évolution des forums

Au cours de la décennie de 1996 à 2006 (date de la création du premier forum), les vingt-six États et le District fédéral (Brasilia) ont mis en place leurs propres forums. Ceux du nord du pays ont été les derniers à être mis en place en raison des difficultés dues à leur taille et aux facteurs géographiques qui rendaient difficile la communication entre des populations très disséminées. Dans plusieurs des grands États – Bahia, Minas Gerais et São Paulo par exemple, mais aussi dans certains petits États comme le Paraíba,3 des forums régionaux ont été créés, afin de faciliter la participation d’un nombre plus important de gens à des activités organisées. On compte aujourd’hui 40 forums régionaux.

À partir de 1999, le mouvement général des forums s’est accompagné d’une rencontre annuelle sur l’éducation des jeunes et des adultes (ENEJAS), qui a reçu un soutien plutôt ambigu de la part du gouvernement fédéral: au début en effet, cette rencontre a bénéficié d’un soutien plus important de la part du ministère du Travail que de celui de l’Éducation. La première rencontre a été organisée dans la ville de Rio de Janeiro, les suivantes par différents forums.4 La première a reçu l’appui du CONSED (Conseil national des secrétaires d’État à l’Éducation), de l’UNDIME (Union nationale des directeurs municipaux de l’Éducation), de l’UNESCO et du SESI (Service social de l’Industrie). On se souviendra que dans le domaine de l’éducation des jeunes et des adultes au Brésil, aucune séquence ininterrompue de rencontres annuelles de cette durée n’avait encore eu lieu dans le passé.

Ces rencontres sont préparées au niveau des États et soigneusement documentées. Un rapport final faisant la synthèse des réflexions, des recommandations et des décisions est rédigé, puis largement diffusé. L’ordre du jour se concentre sur des questions de politique nationale, sur laquelle on considère important que les forums prennent position. À l’instar des rencontres au niveau des États, les rencontres nationales représentent un espace démocratique qui permet de présenter les diverses conceptions et pratiques d’EJA, et d’en débattre. Le nombre de participants s’est accru au cours des ans, au fur et à mesure que le gouvernement fédéral – notamment le ministère de l’Éducation après 2003 – renforçait son appui. De timides efforts ont tenté d’ajouter une dimension internationale aux rencontres nationales: en 2008, deux représentants de la Guinée-Bissau et deux du Centre de coopération régionale pour l’éducation des adultes en Amérique latine et les Caraïbes (CREFAL), à Patzcuaro, Mexique, y ont pris part.

En plus des rencontres annuelles, les forums ont créé une commission nationale composée de deux représentants pour chacun des forums. Cette commission a eu des difficultés à se réunir en raison du manque de ressources nécessaires pour garantir la présence des représentants. En même temps, le mouvement des forums est devenu plus visible et mieux accepté. Lorsqu’en 2003, la commission nationale d’alphabétisation a été remise en place, les forums ont été invités à y participer. À partir de 2004, la création, au sein du ministère de l’Éducation, d’un secrétariat de l’Éducation permanente, de l’Alphabétisation et de la Diversité, puis au sein de ce dernier, la création du département d’Éducation des Jeunes et des Adultes, ont permis d’ouvrir un dialogue avec les forums sous forme de réunions biannuelles.

Les forums ont également créé un site Internet (www.forumeja.org.br) qui inclut les sites de plusieurs États; il sert à disséminer des informations sur les activités des États, à divulguer des documents, des interviews, des vidéos et d’autres nouvelles et informations nationales et internationales concernant l’EJA. Le site est hébergé par l’Université de Brasilia (UnB) et maintenu et actualisé par un petit groupe d’étudiants engagés.

Pendant ces dix années, les relations entre les forums et le gouvernement central ont changé. Créés initialement en tant qu’espace de résistance et d’opposition face aux maigres investissements et au peu d’intérêt manifesté par le gouvernement envers l’éducation des jeunes et des adultes, les forums occupent actuellement une position d’ «interlocuteur privilégié» (selon les termes employés sur le site) du ministère de l’Éducation «afin de mettre en place des partenariats et de contribuer à formuler et à réaliser des activités dans ce domaine». Ce dialogue productif – en dépit de ses tensions – a contribué à redéfinir le rôle des forums.

Le nouveau rôle des forums

Il va de soi que si les forums changent de rôle, ce n’est pas sans risques concomitants. Il est en effet relativement plus facile d’être dans l’opposition que de jouer un rôle d’«interlocuteur privilégié» tout en voulant garder son autonomie et son indépendance. L’une des faiblesses des forums est peut-être précisément leur incapacité générale à être indépendants financièrement. Le besoin d’éviter de «scier la branche sur laquelle on est assis» tout en voulant conserver l’indépendance et l’autonomie nécessaires, crée des tensions. Les forums ont observé une attitude plutôt défensive et réagi de manière critique aux propositions du gouvernement, mais n’ont proposé que de rares alternatives. Néanmoins, il ne fait aucun doute que le mouvement des forums, en dépit de ses limites, a été l’une des expressions les plus importantes de l’EJA au cours des dernières années, et qu’il a prouvé sa capacité de mobilisation et d’articulation pendant les préparatifs de la CONFINTEA VI en décembre 2009.

Publications de DVV International
Source: Barbara Frommann

 

Conformément aux recommandations de l’UNESCO concernant l’utilisation des rapports nationaux pour créer un véritable débat démocratique entre le gouvernement et la société civile, le ministère brésilien de l’Éducation et le mouvement des forums ont initié un processus de mobilisation exemplaire. Des consultations ont eu lieu dans chacun des États, afin d’élire dix délégués chargés de les représenter aux conférences préparatoires régionales qui ont eu lieu à Salvador (région nordest), Cuiabá (région centre-ouest), Belo Horizonte (région sud-est), Florianopolis (région sud) et Manaus (région nord). Ces consultations se sont articulées autour d’un document qui avait été élaboré par une équipe petite mais représentative sélectionnée par le ministère. Ceci a permis de collecter des questions très variées, formulées par des acteurs divers dans des contextes non moins divers. Les cinq réunions régionales préparatoires ont été suivies d’une rencontre nationale à laquelle ont participé les dix délégués de chaque État. La rencontre nationale s’est tenue à Brasilia en mai 2009; le document a une fois de plus été soumis au débat, puis accepté. Ce processus, à présent documenté et publié, sera disponible en anglais et en espagnol à Belém en décembre 2009.5

Parallèlement au processus de mobilisation nationale qui cherchait non seulement à inclure le gouvernement et la société civile dans les débats sur le document initial, mais également à donner une plus grande visibilité à l’EJA et au besoin de définir une politique nationale, les forums ont fait pression sur le ministère de l’Éducation pour qu’il augmente le nombre de représentants devant participer à la délégation brésilienne en tant qu’observateurs. Cette pression a porté ses fruits: le ministère est à présent d’accord pour ajouter un représentant de chaque État à la délégation officielle.

L’heure des redéfinitions?

À la veille de la CONFINTEA VI, le mouvement brésilien des forums a achevé un cycle complet, passant des balbutiements à la maturité, de la position d’opposant à celle d’allié. Il est fort probable que la Conférence de Belém pose des défis nouveaux quant à la conceptualisation et aux pratiques d’EJA au Brésil. Comme partout en Amérique latine, l’apprentissage tout au long de la vie n’est autre qu’une rengaine. L’éducation des jeunes et des adultes reste fortement liée à la notion d’éducation compensatoire ou de programmes d’équivalence pour les adultes qui n’en ont pas bénéficié lorsqu’ils étaient en âge scolaire. Le large concept d’apprentissage des adultes tout au long de la vie tel qu’exprimé dans la Déclaration de Hambourg, bien que proche des principes fondamentaux de l’éducation populaire à différents niveaux, ne s’est pas traduit par la formulation de politiques. L’espace créé par les forums – se révèle être un terrain fertile sur lequel des acteurs de secteurs et de traditions différents peuvent confronter leurs positions. Peut-être le mouvement réagira-t-il à l’effet de pendule décrit plus haut, passant du rôle d’opposant à celui d’interlocuteur privilégié, et peut-être cherchera-t-il la solution médiane.

Le phénomène le plus notable dans les forums est l’absence des sujets directement concernés, à savoir les apprenants. Ils sont peu nombreux à participer aux activités des forums et aux réunions nationales. Il n’existe aucune association indépendante d’apprenants comme dans d’autres pays. Le fait que les Semaines de l’apprenant adulte n’aient jamais pu s’implanter au Brésil en dépit de certaines tentatives est symptomatique.

La capacité des forums à se réinventer dépendra de leur capacité à continuer d’articuler les différents segments de la société engagés dans l’EJA, à fonctionner en tant que groupe de pression efficace auprès du gouvernement fédéral, à exercer un contrôle social de la politique, et à capitaliser sur le processus de mobilisation mis en route par la CONFINTEA. Le titre de la Conférence préparatoire de la CONFINTEA en Amérique latine et aux Caraïbes, tenue dans la ville de Mexico en septembre 2008, a résumé de manière judicieuse les défis qui nous attendent: «De l’alphabétisation à l’apprentissage tout au long de la vie: vers les défis du 21e siècle.»

1 1990 – Sommet des Nations unies pour l’Enfant New York).

1992 – Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement (Rio de Janeiro).

1993 – Conférence mondiale sur les droits de l’Homme (Vienne).

1994 – Conférence internationale sur la population et le développement (Le Caire).

1994 – Conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable des petits États insulaires

(Bridgetown, Barbade).

1994 – Conférence internationale sur la prévention des catastrophes naturelles.

1995 – Sommet mondial pour le développement social (Copenhague).

1995 – Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Pékin).

1995 – 9ème Congrès des Nations unies sur la prévention du crime et le traitement des délinquants

1996 – Seconde Conférence des Nations unies sur les établissements humains (Habitat II) (Istanbul,

Turquie).

1996 – Sommet mondial de l’alimentation (Rome, Italie).

1996 – 9ème Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (IX CNUCED).

2 Ce que nous appelons le système S (acronyme de toutes les organisations dont le nom commence par la lettre S) se compose d’organisations créées par les secteurs productifs (industrie, commerce, agriculture, transports et coopératives) dans l’objectif de qualifier les travailleurs et de promouvoir leur bien-être social. Le système comprend le SENAC (Service national d’apprentissage du commerce), le SESC (Service social du commerce), le SESI (Service social de l’Industrie), le SENAR (Service national de l’apprentissage rural), le SENAT (Service national d’apprentissage du Transport), le SEST (Service social des Transports), le SEBRAE (Service brésilien de soutien aux PME) et le SESCOOP (Service national d’apprentissage du coopérativisme). Tous proposent des formations professionnelles et techniques pour leurs membres.

3 Avant la création des forums régionaux, les réunions du forum du Paraíba avaient lieu alternativement dans trois des plus grandes villes de l’État – João Pessora (capitale), Camina Grande et Guarabira.

4 Le seul État à avoir accueilli et organisé deux rencontres nationales est Rio de Janeiro, qui a hébergé celle de 2008 en commémoration du dixième anniversaire de la première ENEJA en 1999.

5 Brasil. MEC/SECAD. «Documento Nacional Preparatório à VI Conferência Internacional de Educação de Adultos (VI CONFINTEA).» Brasília: MEC; Goiânia: FUNAPE/UFG, 2009.

 

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