Srisawang Leowarin

L’éducation est un facteur indispensable pour le développement et la réduction de la pauvreté. Afin d’atteindre les objectifs fixés dans le Cadre d’action de Dakar et les Objectifs du millénaire pour le développement, à côté de l’éducation primaire destinée aux enfants, l’éducation des adultes doit aussi jouer un rôle décisif. À l’ère de la mondialisation, ce n’est qu’avec l’aide de l’éducation tout au long de la vie que nous pouvons maintenir notre niveau de vie et qu’une société peut demeurer concurrentielle. Dans cette optique, de nombreux centres d’apprentissage de proximité ont été créés en Thaïlande, où les gens peuvent s’éduquer dans des domaines non formels et informels. Srisawang Leowarin nous en offre un aperçu. Elle est spécialiste de l’éducation non formelle au service de l’Éducation non formelle et informelle du ministère thaïlandais de l’Éducation à Bangkok.

Les centres d’apprentissage de proximité en Thaïlande

Introduction

L’éducation des adultes est un facteur crucial pour tous les aspects du développement et de la réduction de la pauvreté, car nous nous sommes aperçu qu’elle était un des outils efficaces d’élimination de la pauvreté. Beaucoup de projets ont été mis en place pour aider à assurer que tous les enfants thaïlandais puissent accéder à une éducation de bonne qualité. Ce principe est conforme au Plan d’action de Dakar prévoyant que d’ici à 2015 tous les enfants auront accès à une éducation primaire de bonne qualité, gratuite et obligatoire, et que le pourcentage d’alphabétisation chez les adultes s’améliorera de cinquante pour cent. À cet égard, les citoyens bénéficient tous de la scolarité primaire depuis douze ans. Des centres d’éducation non formelle disséminés dans le pays proposent des enseignements de longue et de courte durée. Nous pensons que notre main-d’oeuvre adulte doit aussi se tenir au courant des nouvelles techniques essentielles, fruits de la mondialisation, de façon à transformer notre société pour en faire une société du savoir. Par conséquent, nous encourageons nos citoyens à intégrer le circuit de l’apprentissage tout au long de la vie par le biais de lieux d’apprentissage tels que les bibliothèques publiques, les musées, les parcs publics, les parcs scientifiques et technologiques et les parcs nationaux (Chantavanich, 2006). De plus, les centres d’apprentissage de proximité ont été créés pour servir de points de convergence d’activités éducatives non formelles et informelles des populations locales.

Évolution historique des centres d’apprentissage de proximité

Après la première campagne d’alphabétisation entre 1940 et 1947, puis celle de 1971 à 1982, fut lancé le programme d’alphabétisation fonctionnelle pour promouvoir d’alphabétisation des adultes. Le secrétariat d’État à l’Éducation non formelle créa en 1972 les centres villageois de lecture dans le but de promouvoir l’habitude de lire et d’améliorer le niveau de lecture des néoalphabétisés en fournissant deux journaux quotidiens par jour à chaque centre (DNFE, 1995, pp. 47-49). Une grande enquête menée en 1981 sur les centres villageois de lecture révéla que plus de la moitié d’entre eux nécessitaient des améliorations ou qu’il fallait les fermer. Principale raison à cela: les activités des centres étaient mal coordonnées avec la lutte contre l’analphabétisme et les programmes de promotion et de développement de l’alphabétisation. En outre, nous nous sommes aperçu que la majorité des Thaïlandais dans les zones rurales adoraient bavarder après une rude journée de labeur dans les rizières. Ils se réunissaient chez leur chef local ou au centre de lecture où ils parlaient de questions politiques, sociales, économiques et personnelles. Ils y apprenaient à résoudre leurs problèmes en partageant leurs expériences et leur savoir. Certains centres villageois de lecture s’étaient graduellement développés devenant des centres d’apprentissage de proximité. Ainsi, un éducateur d’adultes thaïlandais donna l’idée des centres d’apprentissage de proximité en 1982 en lançant le Hill Area Education and Community Development Centre (le Centre d’éducation et de développement de la communauté des collines), premier exemple de cette initiative, mais qui ne fut toutefois pas entièrement développé. Ce centre servit de centre d’apprentissage, de forum pour la communauté dont il devint centre de formation, centre de lecture et centre de coordination du développement. Il était géré par les dirigeants de la communauté de façon à créer un sentiment d’appropriation, tandis que des centres d’éducation non formelle du district et de la province lui fournissaient leur soutien par l’intermédiaire d’enseignants bénévoles du secteur de l’éducation non formelle (Tichuen, 2004). Plus tard, le secrétariat d’État à l’Éducation non formelle mit sur pied une stratégie dite One District One Community Learning Center (un district, un centre d’apprentissage de proximité) et initia en 1991 le projet pilote local d’apprentissage dans le village de Barnkog, dans la province Supanburi (DNFE, 1995, pp. 50-51).

Le centre d’apprentissage de proximité permet à des apprenants hors du circuit scolaire d’accéder à l’éducation par le biais de programmes d’alphabétisation, de postalphabétisation, d’éducation de base, de formation continue, de formation professionnelle, d’enseignement d’aptitudes nécessaires dans la vie courante, etc. C’est à cette époque qu’a commencé la mise en place des centres d’apprentissage de proximité en Thaïlande. Ces centres ont été conçus pour former un mécanisme solide fournissant aux communautés rurales un système d’apprentissage tout au long de la vie. Ici, les services d’éducation non formelle se sont détournés de leur démarche axée sur la bureaucratie pour adopter des approches de proximité. Le secrétariat d’État à l’Éducation non formelle a changé de rôle: d’organisateur, il est devenu coordinateur. Les centres d’apprentissage de proximité sont mis en place et organisés par et pour la communauté, et le secrétariat d’État à l’Éducation non formelle coordonne cette mise en place en collaborant avec différentes organisations gouvernementales et non gouvernementales (Masaeng, 2006).

La communauté elle-même sert de base d’apprentissage que viennent compléter différents types de moyens éducatifs, à savoir des matériels pédagogiques d’éducation des adultes, des manuels, des guides, des cassettes audio, des programmes vidéo ainsi que des programmes d’enseignement assisté par ordinateur (EAO). Aux centres d’apprentissages de proximité, les cours d’alphabétisation et de postalphabétisation ainsi que ceux de formation professionnelle sont non seulement organisés pour répondre aux différents besoins des apprenants de la communauté et à leurs modes de vie, mais aussi pour être en harmonie avec la voie démocratique et la société en mutation. En outre, les centres sont aussi des lieux de réunions publiques et amicales. Et du fait qu’ils appartiennent à la communauté, tous les membres de cette dernière sont encouragés à participer à l’organisation d’activités éducatives et d’activités visant à améliorer leur qualité de vie. Ainsi, les stratégies essentielles pour la mise en place de centres d’apprentissage de proximité consistent à s’assurer la participation de la communauté concernée et à lui donner un sentiment d’appropriation. Depuis mai 1998, le secrétariat d’État à l’Éducation non formelle a collaboré avec des organisations du secteur communautaire pour créer des centres d’apprentissage de proximité dans des communautés rurales du pays tout entier.

 

 

 

Participants dans le programme d’éducation de base non formelle
Source: Srisawang Leowarin

 

 

 

La situation actuelle des centres d’apprentissage de proximité

Conformément au paragraphe 14 de la loi sur la promotion de l’éducation non formelle et informelle promulguée en 2551 de l’ère bouddhique (2008), la mission du bureau de l’Éducation non formelle et informelle à l’égard des centres d’apprentissage de proximité consiste à préparer des recommandations concernant les utilisations utiles des réseaux informatiques de communication, des chaînes éducatives de radio et de télévision, des radios locales, des centres scientifiques, des bibliothèques publiques, des musées, des centres d’apprentissage de proximité et autres ressources d’apprentissage de façon à promouvoir l’éducation et à améliorer continuellement la qualité de la vie des gens. De plus, conformément à l’administration et à la gestion de l’éducation non formelle et informelle en ce qui concerne le niveau éducatif à établir, il est signalé que ce niveau doit permettre de promouvoir, de soutenir, de coordonner et de fournir un enseignement non formel et informel en collaboration avec les réseaux au sein desquels un centre d’apprentissage de proximité peut être créé pour mener les activités éducatives (ONIE, 2008). Le centre d’apprentissage de proximité est un endroit où se déroulent des activités d’éducation non formelle visant à améliorer la qualité de la vie des Thaïlandais. De la même manière, le secrétariat d’État au Développement communautaire, du ministère du Développement social et de la Sécurité humaine, et le secrétariat d’État à l’administration locale, du ministère de l’Intérieur, ont créé un centre d’apprentissage dans le bâtiment de l’administrateur du district, le dotant d’une salle réservée aux activités culturelles et artistiques, d’une bibliothèque, d’une salle de conférences, d’une salle réservée à Internet, d’une salle réservée aux activités ayant trait à la nature et à l’environnement (secrétariat d’État à l’Administration locale). En outre le secteur privé, non gouvernemental, a aussi créé des centres d’apprentissage de différents types.

L’apprentissage tout au long de la vie a d’abord été introduit dans la loi sur l’éducation nationale (1999) en tant que principe directeur de la réforme de l’éducation. Toutefois, les progrès ont été limités du fait du premier volet de la réforme qui était consacré à l’éducation formelle. Donc, le plan de la seconde phase de la réforme (2009-2018) mettra l’accent sur les systèmes non formels et informels élargissant les possibilités éducatives pour les apprenants de tous âges, la main-d’oeuvre et les personnes défavorisées. Par conséquent, la qualité de l’éducation/des apprenants et de l’apprentissage tout au long de la vie figurera au rang des neufs priorités de la réforme. En outre, selon le dernier rapport du bureau national des statistiques, les taux de lecture ont en général baissé chez les Thaïlandais, passant de 69,1 % en 2005 à 66,3 % en 2008. Ce rapport s’appuie sur les résultats d’une enquête réalisée auprès de 53 000 familles dans tout le pays. Elle a révélé que les hommes lisaient légèrement plus que les femmes, tandis que les citadins lisaient davantage que les campagnards. Avec 85, 8 %, Bangkok enregistrait le taux de lecture le plus élevé, alors qu’avec 58,2 % le nord-est du pays présentait le taux de lecture le plus faible. Par conséquent, afin d’accomplir la seconde phase de la réforme de l’Éducation, dans un effort entrepris pour créer une société de l’apprentissage tout au long de la vie, le Cabinet a inscrit la promotion la lecture à l’ordre du jour national. Le bureau de l’Éducation non formelle et informelle (ONIE) doit faire office de secrétaire auprès d’une commission spéciale créée pour promouvoir la lecture. La commission doit travailler en étroite collaboration avec des représentants du secteur privé et les organismes locaux d’administration. Être capable de comprendre des messages, d’analyser des informations et, par-là, de prendre de bonnes décisions pour résoudre des problèmes, telles sont les bases du développement personnel, la clé pour construire une société apprenante. Le bureau de l’Éducation non formelle et informelle doit suivre différents environnements d’apprentissage tels que des centres d’apprentissage de proximité et des bibliothèques publiques. En plus, le bureau de l’Éducation non formelle et non formelle conduit le projet pilote dans lequel les meilleurs centres d’apprentissage de proximité seront choisis pour devenir les centres de l’Éducation non formelle et informelle des sous-districts, dans les zones comportant plus d’un centre d’apprentissage de proximité. Le centre de l’Éducation non formelle et informelle du sous-district a pour mission d’élaborer des stratégies et un plan de développement de l’enseignement, et d’instituer une commission chargée de l’éducation non formelle et informelle servant à renforcer et à autonomiser la communauté de façon à créer une société autonome et apprenante. Les animateurs d’activités éducatives non formelles joueront un rôle important dans le déroulement des activités d’apprentissage tout au long de la vie, dans la coordination avec un réseau apprenant, dans la mobilisation de ressources et dans le travail avec la commission du sous-district en vue d’encourager les apprenants à devenir des apprenants tout au long de la vie.

Les principes des centres d’apprentissage de proximité

     

  1. Les centres d’apprentissage de proximité appartiennent aux gens, sont dirigés par les gens et sont là pour profiter aux gens. Ils sont mis en place en tant qu’institution locale ouverte aux villageois des zones rurales ou aux citadins des zones urbaines, où ils sont gérés par des personnes appartenant à la population locale, offrant des possibilités de s’éduquer en vue de développer la communauté et d’améliorer la qualité de la vie des gens.
  2. Les centres d’apprentissage de proximité sont ouverts à tous les citoyens et adaptés aux besoins de tous les membres de la communauté grâce à une participation active de cette même communauté. Ils peuvent aussi servir à informer les membres d’une communauté et à distribuer des ressources, à développer la communauté, à coordonner le gouvernement et des ONG, à créer des réseaux pour ces derniers, à faire le lien entre les structures villageoises traditionnelles et les structures administratives officielles, etc.
  3. Un animateur chargé des activités d’éducation non formelle ou un animateur (ou le personnel) du centre d’apprentissage de proximité sera responsable de la gestion et de la conduite des activités d’apprentissage tout au long de la vie.
  4. Toutes les activités éducatives menées par le centre d’apprentissage de proximité devraient être axées sur la communauté, intégrant harmonieusement mode de vie, travail et apprentissage, et se traduisant par un apprentissage tout au long de la vie.
  5. Les groupes cibles des centres d’apprentissage de proximité sont tous membres de la population locale: enfants, adultes, personnes âgées, groupes défavorisés, personnes ayant terminé leur scolarité primaire, etc.
  6. Les centres d’apprentissage de proximité sont une dimension du système d’éducation ouverte. Chaque membre de la communauté peut y avoir accès, bénéficier de ses prestations éducatives et utiliser ses installations. Ceci encourage par conséquent la création de tout un éventail de cours pour la communauté ainsi que l’élaboration de méthodes souples d’apprentissage et d’enseignement avec la participation des gens à des projets d’apprentissage cadrant bien avec leur mode de vie. Les usagers apprendraient ainsi davantage en faisant que dans des cours traditionnels. En outre, on les encouragerait à apprendre comment utiliser par eux-mêmes des matériels/ moyens éducatifs. Des moyens et technologies d’enseignement ont été fournis pour permettre d’offrir un vaste ensemble de prestations et ils ont été diffusés dans toute la communauté.
  7. Les centres d’apprentissage de proximité devraient coordonner et relier entre elles les sources d’apprentissage de la communauté et les sources naturelles d’apprentissage pour développer un réseau éducatif de proximité ouvert au grand public (ONEC, 2006).
  8.  

Cadre conceptuel des centres d’apprentissage de proximité

     

  • Les centres d’apprentissage de proximité sont les points de convergence d’activités variées d’apprentissage tout au long de la vie auxquelles peuvent s’adonner les membres de la communauté.
  • Les centres d’apprentissage de proximité sont la propriété des populations locales qui les dirigent.
  • Les contenus de tous les types d’activités éducatives proposées par les centres d’apprentissage de proximité devraient correspondre aux besoins sur place.
  • Toutes les activités éducatives menées par un centre d’apprentissage de proximité devraient être axées sur la communauté, intégrant harmonieusement mode de vie, travail et apprentissage, et se traduisant par un apprentissage tout au long de la vie.
  • Les groupes cibles des centres d’apprentissage de proximité sont tous les membres d’une population locale: enfants, adultes, femmes, personnes âgées, groupes défavorisés, etc. Tous les membres d’une communauté peuvent à tout moment avoir recours à leur centre d’apprentissage de proximité et à ses services.
  • Le centre d’apprentissage de proximité est le point de convergence pour tous les membres d’une communauté souhaitant des conseils relatifs à la vie professionnelle et à l’éducation.
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Objectifs des centres d’apprentissage de proximité

     

  • Servir de points de convergence pour offrir des activités éducatives inscrites dans une optique d’apprentissage tout au long de la vie.
  • Promouvoir les possibilités de s’éduquer auprès de tous les groupes cibles.
  • Servir de centres de services pour la communauté en organisant des activités reposant sur les besoins de la population locale.
  • Décentraliser le pouvoir vers une gestion locale en éduquant les membres de la population locale.
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Types de centres d’apprentissage de proximité

En Thaïlande, il existe différents types de centres d’apprentissage de proximité. Ils se sont rapidement répandus sur des bases variées et dans des endroits divers: bureaux d’administration des districts, temples, écoles, salles des fêtes, maisons de la sagesse, remplaçant des bâtiments désaffectés, usines, prisons, etc. La taille de ces centres d’apprentissage de proximité dépend des lieux où ils sont implantés. Certains d’entre eux sont spacieux et bien organisés, d’autres sont petits et manquent d’équipements. La plupart sont situés dans les plaines, mais un certain nombre d’entre eux, dits centres montagnards d’apprentissage de proximité se trouvent dans des zones montagneuses. Les apprenants se composent majoritairement de tribus des collines et sont pauvres.

Les centres montagnards d’apprentissage de proximité à l’exemple de celui de Mae Fah Luang

La création du centre d’apprentissage de proximité de Mae Fah Luang ouvert aux tribus locales des collines et également connu sous le nom d’ashram fait fonction non seulement de salle de classe et de bibliothèque multimédia, mais aussi de lieu d’hébergement pour les animateurs du centre. Les centres de ce type sont situés dans des villages où les habitants peuvent facilement avoir accès à leurs services et les utiliser en tant que propriété publique. Les apprenants appartiennent tous à la population locale et c’est la communauté elle-même qui sert de salle de classe. Le centre d’apprentissage de proximité de Mae Fah Luang est centre d’éducation, source d’apprentissage, centre de conseil et centre pour le développement et la coordination de l’apprentissage en rapport avec les prestations éducatives pour les groupes cibles, tant les jeunes que les adultes. Les prestataires d’offres éducatives sont des montagnards, des enseignants bénévoles proposant des activités éducatives non formelles et qui sont devenus les animateurs du centre de Mae Fah Luang. Chaque centre doit disposer d’au moins un animateur chargé d’organiser, d’animer et de coordonner les activités éducatives, et de les promouvoir auprès de la communauté. En outre, l’animateur, ou l’animatrice, soutient les offres de prestations éducatives, encourage les changements et forme des enseignants locaux. Chaque groupe dispose d’un superviseur de l’éducation non formelle, chargé de coordonner la mise en place des activités et de surveiller ce que les animateurs entreprennent. Chaque groupe se compose de 4 à 10 villages. Les ressources éducatives sont mises à disposition dans différents endroits au sein de la communauté, là où ses membres peuvent les utiliser comme sources d’apprentissage ou pour mener des activités cadrant avec la situation sur place. L’apprentissage est axé sur la communauté, avec comme éléments essentiels l’intégration du savoir et une méthode focalisée sur l’apprenant. Les bénéficiaires de ces services apprennent aussi dans des conditions de mise en pratique immédiate.

 

 

 

Centre montagnard d’apprentissage de proximité Mae Fah Luang
Source: Srisawang Leowarin

 

 

 

 

L’apprentissage tout au long de la vie grâce aux centres d’apprentissage de proximité

Le bureau de l’Éducation non formelle et informelle joue un rôle crucial dans le déroulement de nombreux programmes éducatifs s’adressant à des groupes cibles variés hors du circuit scolaire, à savoir: la main-d’oeuvre, les handicapés, les agriculteurs, les détenus des prisons, les habitants des bidonvilles, les musulmans thaïlandais, les tribus des collines, les conscrits, les personnes âgées, les dirigeants locaux, les adeptes de religions, les Thaïlandais à l’étranger et ceux qui n’ont pas la possibilité de poursuivre leurs études une fois qu’ils ont terminé le cycle de scolarité obligatoire. Les objectifs généraux de l’éducation non formelle consistent d’une part à améliorer la qualité de la vie et à atténuer la pauvreté de ses groupes cibles, et d’autre part à accroître les capacités de la population hors du circuit scolaire et à lui donner des possibilités d’apprendre tout au long de la vie. Par conséquent, le bureau de l’Éducation non formelle et informelle offre davantage de filières permettant de s’éduquer et soutient la participation et la coopération entre des réseaux de partenariat pour que soient organisées des activités d’éducation non formelle dans tout le pays et que différentes sources d’apprentissage soient élargies et développées de façon à ce que chacun puisse s’éduquer. Les centres d’apprentissage de proximité, servent notamment de point de convergence à des activités d’apprentissage tout au long de la vie pour les membres des populations locales et sont des lieux où se créent des possibilités de s’éduquer, des lieux de transfert du savoir, d’échange d’expériences et des réceptacles de la sagesse locale. Les centres servent à la communauté de source d’activités variées en phase avec les mutations sociales à l’ère de la mondialisation et ils encouragent le développement d’une société apprenante, tout en promouvant la voie de la démocratie et le développement de l’autonomie, étape essentielle pour un développement durable à long terme. Actuellement, les centres d’apprentissage de proximité sont en passe de devenir les ressources éducatives alternatives permettant aux membres des populations locales de prendre part à des activités d’apprentissage tout au long de la vie. Les personnes-ressources de ces centres: les détenteurs de la sagesse locale, les animateurs d’activités éducatives non formelles, des moines, etc. qui aident à résoudre des problèmes et permettent d’améliorer la qualité de la vie des Thaïlandais d’une façon qui cadre avec leur environnement et leur situation sociale.

Relier les centres d’apprentissage de proximité à la politique et aux programmes nationaux

On a observé que les liens étroits et les mécanismes de collaboration entre organisations non gouvernementales (ONG) et organisations à but non lucratif (OBNL) étaient indispensables pour étendre et optimiser les activités des centres d’apprentissage de proximité en matière d’alphabétisation et d’éducation de base. Initialement, les centres d’apprentissage de proximité devaient servir à proposer des programmes et activités se rattachant à l’alphabétisation, à l’éducation de base et continue, à l’apprentissage de compétences nécessaires dans la vie courante, à la formation professionnelle, à la santé et à l’hygiène, à l’autonomisation des femmes et à la promotion de la paix. Les centres d’apprentissage de proximité contribuent au fort impact de l’augmentation des pourcentages d’alphabétisation sur les populations locales en aidant notamment le pays à atteindre les objectifs de l’éducation pour tous. Ces centres devraient choisir des programmes et activités pouvant être financés et gérés au moyen des ressources qui leur sont disponibles (UNESCO, 2008, pp.10 -11). Toutefois on pourrait les autonomiser et les mobiliser pour relever de plus grands défis, notamment pour servir dans le cadre d’autres programmes de développement dans les domaines suivants: agriculture, développement de la communauté, VIH/SIDA, programmes environnementaux organisés et gérés par différents ministères et/ou secrétariats d’État chargés du Développement. Il faut explorer de nouveaux projets pour associer les centres d’apprentissage de proximité à la politique et aux programmes de développement nationaux.

Mise en place des centres d’apprentissage de proximité

Tous les centres d’apprentissage de proximité profitent énormément de la participation de la communauté. Les discussions entre ses membres précèdent la création de tels centres pour permettre d’évaluer les besoins de la communauté. Dans de nombreux cas, on emploie des matériaux et de la main-d’oeuvre locaux pour construire les centres. Afin que ces derniers puissent se suffire à eux-mêmes, on mobilise des membres de la communauté pour les créer et les gérer. Les lignes directrices régissant la mise en place d’un centre d’apprentissage de proximité sont les suivantes:

     

  1. L’administration du centre est placée sous la responsabilité d’un comité de gestion composé d’enseignants, de professionnels retraités, de leaders de la communauté, de leaders religieux, du directeur du centre d’éducation non formelle du district, d’un animateur conduisant des activités d’éducation non formelle et d’autres membres de la communauté.
  2. Aux niveaux national/provincial: définir des critères et identifier les communautés.
  3. Au niveau de la communauté: sensibiliser la communauté.
  4. Créer un comité de gestion du centre d’apprentissage de proximité.
  5. Identifier la clientèle cible et ses besoins éducatifs, et déterminer des activités génératrices de revenus.
  6. Développer des objectifs pour le programme du centre d’apprentissage de proximité.
  7. Concevoir et développer des activités pour le programme.
  8. Prioriser certaines activités spécifiques du programme.
  9. Créer des installations pour le centre d’apprentissage de proximité. Créer des groupes d’action (bénévoles).
  10. Mobiliser les ressources de la communauté.
  11. Créer des contacts pour obtenir du soutien.
  12. Organiser la formation du personnel/des bénévoles.
  13. Mettre en place un programme et des activités.
  14. Surveiller et corriger les activités.
  15. Évaluer les activités.
  16. Découvrir le partage avec d’autres communautés, p. ex. en créant des groupes de centres d’apprentissage de proximité.
  17. Développer des centres de ressources aux niveaux des districts/des provinces et des réseaux nationaux.
  18. Renforcer la politique, l’engagement et le soutien nationaux.
  19.  

Prestations de services éducatifs non formels et informels

Types de programmes d’éducation non formelle

Les centres d’apprentissage de proximité représentent une dimension du système d’éducation ouverte. Les membres des populations locales devraient pouvoir accéder à leurs services éducatifs et à leurs équipements pour les utiliser. Par conséquent, les animateurs d’activités éducatives non formelles permettent d’intégrer l’agriculture, le développement de la communauté, la santé, le VIH/SIDA et l’information sur l’environnement dans des activités d’éducation non formelle ou informelle. Des services d’éducation non formelle peuvent être offerts à la population locale et des apprenants du circuit non formel dans le cadre de programmes divers pouvant se présenter comme suit dans les centres d’apprentissage de proximité.

Éducation de base non formelle

     

  1. Programme de promotion de l’alphabétisation: pour des enfants, des jeunes et des adultes ne pouvant pas suivre un programme scolaire formel, celui-ci les aidera à s’alphabétiser. Il peut être mis en oeuvre au domicile des apprenants ou au centre d’apprentissage de proximité, et peut parfois s’articuler sur les emplois du temps professionnels des participants. Ce programme enseigne à ses participants la lecture et l’écriture ainsi que des bases de mathématiques. On attend des apprenants qu’ils soient capables d’utiliser la langue nationale pour communiquer au quotidien et pour chercher à acquérir des connaissances ainsi que des informations essentielles dans la vie. Les cours d’alphabétisation intègrent l’enseignement de connaissances de base concernant l’agriculture, le développement de la communauté, la santé, l’environnement et le VIH/SIDA. Par conséquent, lorsque qu’une épidémie comme celle de la grippe H5N1 se répand, les apprenants sont capables, pendant et au terme du programme, de lire et de comprendre les informations sur les mesures de prévention.
  2. Programme d’éducation de base non formelle: ce programme offre des prestations éducatives de base à des adultes, des ouvriers ou des membres de la population locale de plus de 15 ans et à des enfants entre 7 et 15 ans ne pouvant pas suivre de scolarité normale et qui ont l’intention de participer aux activités éducatives de leurs centres d’apprentissage de proximité, et à des apprenants ayant terminé le second degré au niveau du collège et souhaitant poursuivre leurs études au niveau lycée. Le curriculum est ici conçu en association avec différents sujets: sciences sociales, science, santé
  3. publique et nutrition, et l’animateur du centre d’apprentissage de proximité doit intégrer des connaissances relatives à différents sujets dans le processus d’enseignement et d’apprentissage. En outre, l’animateur d’activités éducatives non formelles permet de fournir des informations sur d’autres programmes, à savoir: le programme d’équivalence de l’éducation de base qui s’adresse aux plus de 15 ans ayant besoin d’améliorer leurs connaissances aux niveaux du collège et du lycée; le programme d’éducation à distance permettant aux apprenants d’étudier par eux-mêmes via un contact par satellite ou autres moyens d’éducation à distance, entre autres des matériels imprimés, des cassettes audio et vidéo, des diapositives et autres matériels audiovisuels permettant un apprentissage autodidacte et conçus comme tels; le système de reconnaissance/de crédit formation par lequel sont transférées les connaissances, compétences et expériences acquises par l’apprenant durant ses études, sa vie professionnelle ou au fil du temps, et qui sont reconnues en fonction du programme d’enseignement suivi. À cet égard, les services éducatifs reconnaîtraient les acquis conformément à la réglementation instaurée par le ministère.

Formation continue

     

  1. Programmes de formation professionnelle: les centres d’apprentissage de proximité peuvent proposer des programmes non formels de formation professionnelle, souvent plus efficaces, les artisans et entreprises locaux pouvant eux aussi financer des apprentissages. Ces formations peuvent s’accompagner sur demande de cours d’alphabétisation, d’apprentissage du calcul et de compétences nécessaires dans la vie courante. De plus, certains centres proposent des cours de langues, notamment dans les camps de réfugiés dont les habitants et la communauté hôte parlent des langues différentes. Les cours de ce type peuvent aider les réfugiés à communiquer avec leur communauté d’accueil. Apprendre une langue étrangère internationale ou perfectionner ses connaissances en la matière donne aux gens davantage d’amour-propre, améliore leur employabilité et peut se révéler utile en cas de reprise d’une éducation formelle. Dans certaines circonstances, apprendre la ou les langues utilisées dans le pays d’accueil peut aider les réfugiés à trouver du travail et leur donner la possibilité, notamment dans le cas des élèves plus âgés, de suivre une scolarité secondaire sur leur terre d’accueil.
  2. Programme d’éducation pour le développement de compétences profession nelles: ce programme permet d’acquérir des connaissances professionnelles et de gestion, et d’appliquer des connaissances techniques dans l’environnement professionnel de l’apprenant. En outre, il a également pour objectif de promouvoir le travail de groupe, l’éthique personnelle et la morale dans le comportement professionnel, ce qui conditionne une existence heureuse au sein de la communauté. On pourrait parvenir à cela par l’intermédiaire de la formation professionnelle et du développement de compétences professionnelles qui pourraient contribuer à générer des revenus supplémentaires et à réduire les dépenses dans la foulée.
  3. Programme d’éducation pour le développement de compétences utiles dans la vie courante: ce programme a pour but d’apprendre aux gens à réfléchir, en leur enseignant, entre autres compétences, à résoudre des problèmes, à prendre des décisions, à prévoir et gérer, et à rechercher et utiliser des connaissances et des informations. Son principal objectif consiste à développer le comportement de chaque individu de façon à ce qu’il devienne un membre utile à la société, et qu’il soit heureux de l’être. De plus, ce programme met aussi l’accent sur une éthique et une morale personnelle conformes à la société et à la culture du peuple thaïlandais. Ces activités ont pour but de développer des compétences nécessaires dans la vie courante, permettant aux gens de voir leur valeur personnelle en leur inculquant des connaissances sur la famille, la drogue, la démocratie, les ressources naturelles et l’environnement, la santé physique et l’hygiène, les valeurs morales et l’éthique, etc. Ces activités revêtent différentes formes, par exemple des camps, des concours, des voyages d’études, etc. De plus, des animateurs préparent des plans d’apprentissage individuel, conçoivent des modèles d’apprentissage et ont personnellement le souci, en collaboration avec des réseaux gouvernementaux et privés, de proposer aux enfants des rues appartenant à différents groupes ethniques des activités leur permettant de développer des compétences nécessaires dans la vie courante par l’intermédiaire de l’éducation non formelle.
  4. Programme d’éducation pour le développement de la société et de la communauté: il a pour objectif de créer une société apprenante, fortement autonomisée grâce à une indépendance reposant sur la théorie de l’autosuffisance. Tous les membres de la communauté coexistent paisiblement, leur éthique et leur morale préservant toutes les cultures locales, la sagesse locale, les ressources naturelles, l’environnement et une façon démocratique de vivre ensemble. À cet égard toutes les populations locales devraient participer à des activités variées s’inscrivant dans l’optique des préoccupations et besoins actuels de leurs communautés. Il peut s’agir d’une entreprise locale, de la société démocratique, de l’environnement, d’une épidémie, etc. À court terme, il faut enseigner ou organiser des activités de façon à répondre à la politique et aux besoins publics en matière de développement de la communauté et de la société, à savoir en organisant le processus d’apprentissage de la communauté, la gestion du savoir au sein de la communauté et le savoir technologique moderne, par exemple l’anglais, l’informatique, l’apprentissage via l’accès Internet de la communauté, des activités de promotion de la politique de valorisation du capital local. En plus, on peut proposer des activités culturelles, récréatives et sportives pouvant inclure la musique, l’art et le théâtre: ces activités pourraient être apprises en groupes en fonction des besoins éducatifs des apprenants, par exemple des personnes âgées ou des femmes au foyer suivant leur temps libre ou leurs centres d’intérêt, ou en fonction de la communauté.
  5.  

Prestation de services éducatifs informels

Les centres d’apprentissage de proximité fournissent différents types de moyens et de supports d’apprentissage aux populations locales par l’intermédiaire d’unités mobiles et font circuler des livres à l’intérieur des communautés.

Stratégies d’enseignement et d’apprentissage

Les centres d’apprentissage de proximité sont une dimension du système d’éducation ouverte. Chaque membre de la communauté peut accéder à leurs services éducatifs et équipements, et les utiliser. Les animateurs d’activités éducatives non formelles sont employés à plein temps dans ces centres. Ils ont pour principales obligations de promouvoir continuellement des activités éducatives variées et de les mener. Ces animateurs jouent un rôle essentiel dans la conduite d’activités non formelles et informelles, l’accent étant ici mis sur une gestion de l’apprentissage s’inscrivant dans la perspective des situations problématiques et des besoins au sein de la communauté. Afin de faciliter le développement de l’apprenant, l’approche justement axée sur ce dernier est un concept généralement accepté au plan de l’enseignement et de l’apprentissage. Par conséquent, différents styles d’apprentissage ont été choisi, en fonction de l’expérience des apprenants: les animateurs d’activités éducatives non formelles et les apprenants travaillent ensemble pour concevoir leur plan d’apprentissage et le curriculum qu’ils souhaitent dans le cadre de programmes d’éducation de base non formelle. Les apprenants prennent davantage de cours pour terminer leurs études s’ils réussissent le test d’évaluation. Avant de terminer un cours, l’apprenant doit mener par lui-même ou en groupe, sous la surveillance d’un animateur d’activités éducatives non formelles, un projet d’étude sur des sujets liés à ce cours. L’apprentissage, également dit apprentissage intégré, repose sur un système d’éducation basé sur la demande de renseignements et la résolution de problèmes, le tout se fondant sur la situation dans la communauté. En plus, un système de reconnaissance ou d’équivalence a été mis en place pour permettre à chaque apprenant de faire reconnaître et valider ses acquis ou son expérience. En outre, un système de crédit formation a été introduit pour permettre à l’apprenant de choisir une formation ou un lieu d’études, qu’ils soient placés sous la houlette du gouvernement ou d’établissements privés d’enseignement, et de bénéficier de prestations éducatives sans frais d’études (Leowarin, 2001).

 

 

 

Participants dans un programme
de formation professionnelle
Source: Srisawang Leowarin

 

 

 

Rôles des animateurs d’activités éducatives non formelles

Les animateurs d’activités éducatives non formelles sont employés à plein temps dans les centres d’apprentissage de proximité. Ils ont pour mission de:

     

  • promouvoir, soutenir et conduire des activités éducatives;
  • fournir des matériels/moyens éducatifs;
  • créer une banque de données sur la communauté pour fournir des services adaptés aux besoins locaux;
  • élaborer des plans et propositions de développement de la communauté;
  • rendre un rapport au centre d’éducation non formelle du district sur les résultats du projet mis en place.
  •  

Obstacles que rencontrent les animateurs d’activités éducatives non formelles

     

  • Souvent, ils enseignent principalement selon la méthode de la conférence ou du cours magistral.
  • Manque de compétences pédagogiques et de matériels d’apprentissage.
  • Manque de technique pour motiver les gens à participer, car les apprenants ne participent pas régulièrement aux réunions de groupe en raison de leurs activités professionnelles.
  • Étant donné qu’ils sont mal payés, ils cherchent des emplois mieux rémunérés. (Ooncharoen, 1999)
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Les nouveaux média dans un centre d’apprentissage de proximité 
Source: Srisawang Leowarin





Pratiques d’excellence

Le centre d’apprentissage de proximité de Maogo, dans la province de Tak

Il se situe dans le district de Thasongyang, dans la province de Tak. En 1998, SAR la princesse Maha Chakri Sirindhorn s’est rendue à l’école de formation des patrouilles de police frontalière et a recommandé la création dans la zone montagneuse d’un centre d’apprentissage de proximité pour les tribus des collines. Un centre fut créé conformément à son concept. Parmi les autochtones on recruta un animateur d’activités éducatives non formelles auquel on donna les moyens de communiquer avec les tribus collines au début du projet. La plupart étaient des Karens qui ne savaient pas parler thaïlandais, ce qu’ils devaient apprendre pour pouvoir communiquer. Aujourd’hui, deux animateurs conduisent des activités d’éducation non formelle au centre. Ils doivent faire connaissance avec les enfants, leur rendre visite et être étroitement familiarisés avec leur environnement d’apprentissage. Ils apprennent à les approcher. Une fois qu’ils peuvent communiquer en thaïlandais, ils offrent des services éducatifs et conduisent des activités d’éducation non formelle. Par conséquent, ils proposent des programmes d’éducation non formelle à des adultes, notamment le programme de promotion de l’alphabétisation. Ils fournissent des matériels d’apprentissage et se chargent d’organiser les programmes de promotion de la qualité de la vie. Les apprenants sont pauvres, vivent dans des régions reculées et ne disposent pas de services de soins de santé. Les animateurs leur apprennent à prévenir les épidémies, notamment dans le cas de la grippe H1N1 en 2009. Ils proposent des programmes variés d’éducation non formelle, à savoir des formations professionnelles de courte durée telles que des stages de tissage, par exemple. Ils sont extrêmement fiers que leurs apprenants, enfants et adultes, soient heureux de pouvoir gagner leur vie. Chaque année, SAR la princesse Maha Chakri Sirindhorn rend visite aux villageois et à l’animateur du centre d’apprentissage de proximité, et elle offre son soutien à tous les membres du personnel de ce dernier. Elle les encourage à travailler avec ardeur pour qu’ils ne se lassent pas malgré le manque d’équipements.

Le centre d’apprentissage de proximité de Chalermprakiat, dans la province de Nongkai

Ce centre est situé dans la province de Nongkai et plus précisément dans le sousdistrict de Watluang qui fait partie du district de Polpisai. Ce centre d’apprentissage de proximité propose tout un éventail d’activités d’éducation non formelle et informelle, à savoir, l’apprentissage de compétences utiles dans la vie courante, des formations professionnelles, par exemple l’apprentissage du massage thaïlandais, des initiations à l’informatique, des cours sur la prévention de la grippe H1N1 et un camp d’apprentissage de l’anglais ouvert aux jeunes et aux apprenants du circuit non formel – un cours du reste très apprécié du fait de l’enseignant qui le dirige: un bénévole américain. Le comité du centre d’apprentissage de proximité collabore avec le directeur du centre d’éducation non formelle pour coordonner ses activités à une foule de réseaux: organisation de l’administration locale, unité d’agriculture du district, centre de services de santé du district, banque d’épargne locale, bureau de développement local du district, commissariat de police du district, école et temple pour mobiliser des personnes-ressources et rassembler de diverses façon des matériels d’apprentissage pour le centre d’apprentissage de proximité. Ils convainquent la population locale de participer aux activités éducatives et utilisent le centre d’apprentissage de proximité comme lieu de réunions et de séminaires, comme centre de conseil, de formation et d’activités de loisirs, etc. En outre ils recueillent des fonds pour financer l’achat d’ordinateurs et de matériels d’apprentissage en procédant selon la foi bouddhiste, c’est-à-dire en faisant des offrandes aux moines. De cette façon, les gens obtiennent des mérites, si bien que la population locale fait des dons d’argent aux moines que ceux-ci rendent à différentes occasion, par exemple pour la fête des mères, à la communauté afin de financer l’achat d’ordinateurs et de matériels d’apprentissage pour le centre d’apprentissage de proximité.

Le centre d’apprentissage de proximité de Maelao du district de Chiengcom, dans la province de Payo

Ce centre est situé dans la province de Payao et plus précisément dans le sousdistrict de Maelao qui fait partie du district de Chiengcom. On y propose non seulement des programmes d’éducation non formelle, mais aussi des activités sportives et de loisirs, par exemple de la gymnastique et des cours de dessin, de chant et de musique pour les jeunes, les ménagères, les personnes âgées, les handicapés. Y sont toutefois aussi organisés des activités d’enseignement de compétences nécessaires dans la vie courante, à savoir dans les domaines suivants:

éducation à la démocratie, préservation de la forêt, campagne contre le VIH/ SIDA, etc. Les animateurs d’activités éducatives non formelles ont mené un projet de recherche-action pour résoudre les problèmes des apprenants en ayant recours à diverses approches pour les aider dans leurs études en les guidant et en entretenant un contact personnel avec ceux qui ne peuvent pas assister aux réunions éducatives. Pour cela des chefs ont été choisis pour ces groupes afin d’aider les animateurs à soutenir ceux de leurs apprenants qui étaient toxicomanes. Les apprenants offraient des services du centre d’apprentissage de proximité à la population locale pendant leur temps libre: par exemple, ils empruntaient ou rendaient des livres pour eux, les informaient, présentaient une exposition, nettoyaient le centre d’apprentissage de proximité, etc. La plupart des apprenants choisissent un concept d’apprentissage reposant sur un projet. Chaque apprenant choisit un sujet pour son projet et écrit un compte-rendu une fois celui-ci terminé. Après avoir appris à fabriquer des balais et des paniers, les personnes âgées sont capables de gagner un peu d’argent pour vivre. En outre, les réseaux locaux participent au processus d’apprentissage en mettant des personnes-ressources à disposition.

 

 

 

 

Cours informatique
Source: Srisawang Leowarin

 

 

 

 

Le centre d’apprentissage de proximité de Bangtuey, dans la province de Chacherngsao

Il est situé dans le district de Bangtuey. Madame Methaporn, animatrice d’activités d’éducation non formelle, est responsable de treize domaines éducatifs dans le village et donne des cours à quatre-vingt-dix apprenants à trois niveaux. Les apprenants se rendent au centre le dimanche et le jeudi pour y discuter des problèmes qu’ils rencontrent dans leurs études. Madame Methaporn apporte des équipements au comité du centre d’apprentissage de proximité. Nombre de ses membres sont d’anciens apprenants du système d’éducation non formelle. Au début, personne ne venait au centre. Aussi madame Methaporn se mit-elle à se rendre aux funérailles au monastère pour parler à la population locale et dire aux gens qu’ils pouvaient aller au centre pour s’inscrire au programme d’éducation. Les gens viennent au centre pour se renseigner sur les problèmes de l’élevage des crevettes, car les leurs se vendent à bas prix. Pour se pencher sur la question et s’attaquer au problème, madame Methaporn a invité le fonctionnaire du district responsable de l’agriculture. Elle dirige le forum public où les membres de la population locale peuvent parler de leurs problèmes professionnels. À partir de là, ils forment des groupes pour apprendre à élaborer des engrais biologiques, à préserver l’environnement et à mener des activités agricoles intégrées, reposant sur la théorie économique de l’autosuffisance prônée par Sa Majesté. Ils mettent sur pied un plan opérationnel pour la communauté et l’intègre au plan du district. Au bout d’un an, ils peuvent réduire leurs coûts, accroître leurs revenus et ainsi mieux vivre. Le centre d’apprentissage de proximité de Bangtuey est non seulement un centre d’éducation, mais c’est aussi un centre polyvalent où les gens peuvent ainsi venir au quotidien pour lire, discuter, échanger des points de vue, partager leurs connaissances et recevoir de l’aide pour résoudre leurs problèmes.

Facteurs d’efficacité des prestations de services d’apprentissage tout au long de la vie

Des actes de l’unité de suivi, nous apprenons que les facteurs d’efficacité des prestations de services d’apprentissage tout au long de la vie sont les suivants:

     

  1. La participation des gens est un facteur crucial, contribuant à établir durablement les centres d’apprentissage de proximité.
  2. Répondre aux besoins éducatifs des différents groupes cibles: la plupart des programmes d’éducation non formelle sont proposés de façon à répondre aux besoins éducatifs des populations locales. Les programmes d’apprentissage tout au long de la vie devraient intégrer les multiples objectifs des apprenants, à savoir des activités génératrices de revenus, l’apprentissage de compétences nécessaires dans la vie courante, le développement de la communauté, etc.
  3. Les compétences potentielles des animateurs en matière d’enseignement et d’apprentissage: il faudrait leur donner la sécurité de l’emploi.
  4. Le soutien financier du gouvernement: le gouvernement devrait accorder des fonds suffisants pour permettre l’organisation d’activités d’apprentissage tout au long de la vie.
  5. La participation des dirigeants locaux et la gestion du comité de la communauté: les leaders locaux tels que les chefs, les abbés, les fonctionnaires retraités, les enseignants, etc. jouent un rôle essentiel lorsqu’il s’agit de convaincre les villageois de participer à des activités d’éducation tout au long de la vie.
  6. Des matériels et moyens d’apprentissage en quantité suffisante: les centres d’éducation non formelle et informelle des districts devraient fournir des matériels d’apprentissage et journaux actuels supplémentaires en quantité suffisante.
  7. Le site des centres d’apprentissage de proximité: depuis leurs lieux d’implantation, les centres peuvent atteindre les apprenants cibles pour leur faire régulièrement parvenir des matériels d’apprentissage de tous types.
  8. La coopération éventuelle de leaders: les animateurs d’activités éducatives non formelles doivent se mettre à la recherche de leaders qui collaboreront éventuellement avec eux à l’élaboration et à la mise en oeuvre d’activités.
  9. Le développement permanent des activités de la communauté: les animateurs d’activités éducatives non formelles devraient insister pour que les membres de la communauté continuent d’entreprendre des activités pour leur développement personnel. Les animateurs ne devraient pas quitter la communauté et être pour elle des soutiens et des conseillers, et l’encourager à poursuivre son développement.
  10. Promouvoir la coordination des réseaux: les animateurs d’activités éducatives non formelles devraient chercher des réseaux pour partager des points de vue et promouvoir les investissements et la participation. Ils devraient coordonner leurs activités avec des réseaux du gouvernement et d’ONG, des organisations locales, la sagesse locale et des entrepreneurs, et mettre en oeuvre toutes les formes de relations publiques afin d’obtenir de l’aide et des soutiens de qualité.
  11. La bonne gouvernance du système de gestion: il convient ici de promouvoir une bonne gestion grâce à des comités soumis à des règles de transparence et de bonne gouvernance.
  12. Reconnaître le savoir et l’expérience des populations locales: les animateurs d’activités éducatives non formelles doivent reconnaître les compétences de la sagesse locale et respecter la culture de la communauté.
  13. Motiver en faisant des voyages d’études liés aux activités de promotion de la génération de revenus et de la réduction des dépenses.
  14. Suivi et surveillance: un système de suivi et de surveillance devrait être mis sur pied pour permettre de compléter régulièrement les activités éducatives.
  15.  

Suggestions

     

  • Améliorer la situation et la qualité des animateurs d’activités éducatives non formelles en leur donnant davantage de soutien moral, en augmentant leur rémunération ou en leur offrant la sécurité sociale.
  • Développer les compétences d’enseignement et d’apprentissage des animateurs par le biais de l’éducation en ligne, de programmes de formation initiale ou continue, d’étude autodidacte, d’apprentissage à distance, etc.
  • Utiliser des réseaux de TIC afin de créer pour la communauté un système de base permettant de se connecter aux réseaux lorsque sont menées des activités d’apprentissage tout au long de la vie.
  •  

Problèmes et défis des centres d’apprentissage de proximité

Les animateurs d’activités éducatives non formelles doivent appartenir à la popula tion locale. Toutefois, leur situation étant précaire en raison du contrat qu’ils doivent renouveler chaque année, s’ils trouvent un bon emploi, ils saisiront l’occasion. Actuellement, le pays compte 8605 centres d’apprentissage de proximité et 7475 animateurs d’activités éducatives non formelles. Les 759 centres d’apprentissage de proximité situés dans les zones montagneuses ont 1174 animateurs à leur disposition, chaque centre situé dans une région reculée ou une zone montagneuse ayant deux animateurs à sa disposition. Chaque animateur d’activités éducatives non formelles devraient avoir 620 apprenants sous sa responsabilités, ceux-ci se répartissant dans cinq catégories de programmes: 60 apprenants dans l’éducation de base non formelle, 20 dans la formation professionnelle, 20 dans des programmes d’apprentissage de compétences nécessaires dans la vie courante, 60 dans des programmes sociaux et de développement, 100 dans des programmes d’apprentissage de l’autosuffisance et enfin 300 dans l’éducation informelle. Bien que ces animateurs aient de lourdes obligations, ceux qui travaillent dans l’extrême sud de la Thaïlande, en proie à la violence, ne rechignent pas à travailler dans l’insécurité. Le gouvernement devrait les encourager et les soutenir dans leurs efforts en augmentant les subventions des frais de cours et le nombre des ordinateurs et des équipements, ou en mobilisant des ressources locales et des fonds pour mettre en oeuvre des activités d’apprentissage tout au long de la vie dans les communautés.

 

 

 

Participants dans le programme d’éducation de base non formelle
Source: Srisawang Leowarin

 

 

 

Conclusions

Une société apprenante se caractérise toujours par une perpétuelle dynamique d’activités d’apprentissage. Promouvoir une telle société ou créer les conditions qui lui sont nécessaires peut apporter une pierre au moulin de l’apprentissage tout au long de la vie. En Thaïlande, les centres d’apprentissage de proximité se sont développés à partir des centres de lectures villageois, devenant entre autres aussi des centres-ressources permettant de créer un environnement apprenant, de répondre aux besoins éducatifs des gens et d’améliorer la qualité de leur vie. Actuellement, nous en sommes à la phase pilote de mise en place de centres d’éducation non formelle des sous-districts. Leur création constituera un nouveau défi concernant la décentralisation des pouvoirs des collectivités locales en matière d’activités d’apprentissage tout au long de la vie. À cet égard, le plan de développement du sous district a été intégré dans le plan opérationnel des centres d’apprentissage de proximité. Ils sont placés sous la direction des centres d’éducation non formelle du district et du sous-district. Un tel organe devrait bénéficier de la participation des populations locales et être autogéré, tandis que les collectivités locales devraient accroître son efficacité en offrant leurs services pour améliorer la qualité de l’éducation. En outre la participation de la population, la gestion des comités des communautés ainsi que les stratégies d’enseignement et d’apprentissage des animateurs seront des facteurs essentiels pour mener à bien des activités d’apprentissage tout au long de la vie dans les centres d’apprentissage de proximité.

Références

Department of Local Administration (DoLA)/Secrétariat d’État à l’Administration locale. (2005).

Standards des centres d’apprentissage de proximité. Bangkok: Department of Local Administration. (en thaïlandais)

Department of Non-Formal Education (DNFE)/Secrétariat d’État à l’Éducation non formelle (1995).

Encyclopédie de l’éducation tout au long de la vie, volume 1. Le centre de lecture villageois, Bangkok: Ladproa Publishing. pp. 47-49 (en thaïlandais)

Encyclopédie de l’éducation tout au long de la vie, volume 1. Le centre d’apprentissage de proximité. Bangkok: Ladproa Publishing. pp. 50-51 (en thaïlandais)

Leowarin, Srisawang. (2001). The Development of Supervision Model for Promoting the Quality of Community Learning Centres’ Facilitators. Case study in Nan Province, Thailand. Bangkok: Dept. of Non-Formal Education.

Office of the Non-Formal Education Commission (ONEC)/ Bureau de la commission sur l’éducation non formelle (2006). Lignes directrices du développement des centres d’apprentissage de proximité avec l’apprentissage tout au long de la vie comme objectif final. Bangkok: ministère de l’Éducation. (en thaïlandais)

Office of Non-Formal and Informal Education.(ONIE)(2008).

Loi sur la promotion de l’Éducation non formelle et informelle, 2551 ère bouddhique (2008). Bangkok: ministère de l’Éducation.

Office of Non-Formal and Informal Education.(ONIE)(2009)/ Bureau de l’éducation non formelle et informelle. Pratiques d’excellence de la communauté de Thaïlande. Bangkok: Office of Non-Formal and Informal Education. (en thaïlandais)

Manuel de gestion des cnetres d’éducation non formelle et informelle des sous-districts. Bangkok : Pignguan Graphic Company. (en thaïlandais)

Ooncharoen Nantana. (1999). Situations et problèmes des centres d’apprentissage de proximité placés sous la direction du centre d’éducation non formelle de la province de Mahasarakham. Thèse de maîtrise en technologie de l’éducation, université de Mahasarakham. (en thaïlandais)

Tichuen Sawat (2004). Education in Thailand. “International Technical Workshop on Strengthening Literacy and Non-Formal Education Policies in the Framework of EFA”, 21-24 juillet 2004 UNESCO, Paris.

UNESCO. (2004). Thailand Country Report Regional Seminar on CLC, 23-27 mars 2004, Tippawan Masaeng.

UNESCO. (2008). Community Learning Centres: Country Reports from Asia. Bangkok: UNESCO.

www.moe.go.th/bic/fileadmin/BIC_Document/speech/edforum.pdf

(An Address of Dr. Amrung Chantavanich Secretary-General of the Office of Education Council at the 2006 Education Forum for Asia October 21, 2006, Beijing, People’s Republic of China)

www.bangkokpost.com/news/local/14211/books-push-opens-whole-new-chapter (published: 30/03/2009)

www.bic.moe.go.th/fileadmin/.../EducationThailandProgress.doc

www.tivarati.com/es/cabe/83910/

www.nfe.go.th/english/frontend/lifelong.php

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