Imelda Arana Sáenz

À l’époque où l’éducation populaire se consacrait principalement à la libération des groupes de population marginalisés et oprimés, elle ne pouvait pas faire autrement que de se pencher sur la situation des femmes qui étaient oprimées de plus d’une manière – et le sont aujourd’hui encore. D’un côté, elles sont marginalisées de par la classe sociale à laquelle elles appartiennent et, souvent, de par leur appartenance ethnique, mais force est de constater qu’en plus, l’ordre social traditionnel les prive des droits élémentaires et les subordonne aux hommes. Ceci est la base de l’éducation aux questions de genre comme partie intégrante de l’éducation des adultes. La sociologue colombienne Imelda Anrana Sáenz, qui se consacre en particulier aux études sur les femmes, décrit ici la création et le développement du REPEM, réseau latino-américain florissant d’éducation des femmes.

L’éducation populaire féministe en réseau: le REPEM, Réseau d’éducation populaire entre femmes, fête ses 30 ans

Naissance du REPEM

Le réseau d’éducation populaire entre femmes naît au début des années 1980, tout d’abord en tant que groupe de travail du Conseil d’éducation des adultes d’amérique latine, Ceaal, créé sur l’initiative de quelques femmes appartenant à des organisations membres du Conseil. C’est à cette époque que s’impose en amérique latine le mouvement d’éducation populaire, eP, apparu pour la première fois dans les années 1970 en tant que courant de pensée et d’action sociale favorable au changement politique, économique, social et culturel de la région; c’est une décennie marquée par les dictatures, dans laquelle la problématique de la femme ne se dessine pas encore en tant qu’axe central de réflexion et d’analyse, encore moins d’action politique. les noyaux de femmes du rePeM naissant adhèrent au concept d’éducation populaire, et plus particulièrement à celui de l’éducation, pratique de la libertéŸ formulé par Paulo Freire; ces femmes s’inspirent du concept et de l’action pratique de l’eP et y apportent à leur tour leur contribution; c’est alors que la perspective de l’éducation populaire féministe ePF prend forme dans la région.

En 1981, le rePeM se transforme en organisation autonome dans un climat de réflexion, de débats et de questionnements autour de la tâche ardue qui consiste, pour les féministes qui dirigent l’éducation populaire, à gérer des pratiques et des postulats qui ne tiennent pas pleinement compte des conditions et des réalités des femmes. les organisations qui constituent plus tard le réseau développent de solides fondements conceptuels en se basant sur l’analyse des rapports entre éducation, économie et développement, mais aussi entre éducation, autonomisationet citoyenneté active des femmes. À partir de ce moment, les actions du réseau se concentrent sur le développement de processus de formation et d’éducation entre femmes, mais aussi sur l’influence politique dans une perspective féministe d’autonomisation politique, sociale, économique et culturelle, dans le but de mettre un terme aux conditions qui engendrent la discrimination, l’inégalité, la violence et la pauvreté auxquelles sont confrontés les pays de notre région.

En tant que réseau d’éducation populaire entre femmes, le rePeM réalise des processus collectifs de coordination, de réflexion et d’analyse entre les groupes qui adhèrent aux principes de l’éducation populaire: avec, en s’appuyant sur et pourŸ les femmes de la région. dès lors, la relation entre éducation populaire et droits des femmes est l’élément fondamental de la recherche d’une articulation de ces deux aspects de l’action sociale et politique des organisations de femmes qui agissent dans le cadre de l’eP. Ceci fait naître à son tour une perspective nouvelle, celle de l’éducation populaire entre femmes, qui s’organise sous forme d’éducation populaire féministe. les tensions entre féminisme et mouvement populaire en tant que pensée et champ de mobilisation politique encouragent les organisations populaires de femmes, et les féministes qui travaillent avec elles, à chercher des explications nouvelles aux situations d’oppression qui affectent les femmes dans leur diversité culturelle et sociale; ces tensions les incitent également à trouver des formes nouvelles d’exercice politique respectueuses des conditions particulières de la participation féminine, afin que les femmes puissent participer à la vie politique en toute liberté et accéder aux espaces de pouvoir de la même manière que les hommes avec lesquels elles partagent la lutte pour les droits collectifs. les points communs et les divergences entre combattants et combattantes sont présents dans chaque affrontement avec le pouvoir dominant et les oppresseurs, dans lequel les succès obtenus profitent rarement aux femmes.

Au fur et à mesure de leur réflexion sur les pratiques sociales en tant que groupe, les femmes constatent la faible visibilité de leurs revendications dans les différentes actions éducatives entreprises par le mouvement de l’éducation populaire. l’absence d’analyse des conditions de vie des femmes, du caractère particulier de leur situation, de leurs besoins et de leur position dans la société, les encourage à concevoir, organiser, réaliser et systématiser des stratégies formatives et des pratiques pédagogiques appropriées, de sorte que pensée et politique féministes finissent par se concrétiser en éducation populaire féministe, ePF; les processus d’éducation, de formation et de renforcement des capacités facilitent dès lors l’analyse des conditions d’oppression, de subordination et d’exclusion dans lesquelles elles vivent, mais aussi l’analyse des multiples discriminations dont elles sont victimes, en particulier dans les secteurs populaires pour des raisons de classe, de sexe et d’ethnie; de tout ceci se dégage une nouvelle conception de l’éducation en tant que pratique de la liberté.

Les expériences de l’éducation populaire féministe remettent en cause les systèmes éducatifs traditionnels et promeuvent le changement culturel; elles ouvrent un dialogue afin de favoriser l’identification et la valorisation des connaissances des peuples et de leurs femmes.

La politique entre femmes

Le rePeM est un réseau féministe qui, en tant que tel, adopte les stratégies de politique entre femmes développées par les collectifs féministes du monde

entier à partir de leurs expériences en ce qui concerne l’organisation, la promotion de la prise de conscience du genre et la formation, encourageant de la sorte le renforcement des capacités de gestion sociale autonome et le pouvoir des femmes et de leurs organisations en tant que sujets politiques. en pratiquant des politiques basées sur les principes entre femmes, et valorisation de soi, le réseau parvient à développer et à consolider des méthodologies et des pratiques de renforcement personnel et collectif qui regroupent les intérêts partagés par les organisations réseautéesŸ et se concrétisent par des postulats d’éducation populaire féministe, entre elles:1

     

  • processus d’autoconscience et de prise de conscience collective face au monde subjectif, compréhension et gestion des rapports de pouvoir entre les sexes en identifiant, en désapprenant et en construisant à partir de la connaissance et de l’analyse de sa propre expérience, de sa biographie personnelle, des expériences en matière de participation et d’organisation, mais aussi de l’exclusion et de l’injustice individuelles et collectives, encourageant ainsi la création de scénarios de changement à long terme;
  • construction d’approches pédagogiques adaptées à l’éducation entre femmes telles que la pédagogie du genreŸ et la pédagogie critique féministeŸ, basées sur la récupération des savoirs et des expériences des femmes; sur la domination en tant que point de départ de la réalité des femmes, de leurs pratiques sociales et de leurs tâches quotidiennes; sur la réflexion sur tous ces sujets dans le but de renverser la situation. en résumé, déconstruction des idées et des conceptions androcentriques qui, pendant des siècles, ont sous-estimé, déprécié et ignoré les femmes en tant qu’actrices sociales et politiques, et en tant que sujets de droit;
  • formations axées sur l’exercice politique des femmes, c’est-à-dire création de conditions donnant aux femmes l’accès à des formations avancées, aux connaissances et à la culture universelles, à l’aide de propositions éducatives et formatives, d’horaires, d’espaces et d’activités adaptés à leur mode de vie, moins régis par des normes et des schémas formels; avec des contenus d’apprentissage appropriés leur permettant de pallier les désavantages dont elles sont victimes en matière de formation, de travail et d’emploi, et de combler le fossé culturel qui affecte la majorité d’entre elles et d’autres couches de la population;
  • action systématique visant à gagner de l’influence politique afin de réaliser l’équité et l’égalité entre les sexes; ceci implique d’une part d’améliorer, pour les femmes, l’accès, le contrôle et l’utilisation des ressources et des biens sociaux, matériels et culturels; d’autre part, la capacité de prendre des décisions et, pour les institutions chargées de développer les politiques publiques, l’obligation de rendre des comptes et d’agir avec justice; ainsi que l’obligation de garantir l’exercice des droits humains;
  • consolidation du portefeuille des actifs des femmes. C’est une méthodologie qui consiste à reconnaître la diversité des ressources pouvant être utilisées par les femmes pour développer leurs projets et réaliser leurs aspirations. l’actif2 est défini comme un bien, un droit, une valeur intangible ou une capacité qui permet aux femmes d’agir dans leur intérêtŸ et de dépasser l’image de personnes démunies et victimes qu’elles se font d’elles-mêmes. Les actifs sont les objets de la négociation et de l’échange: ce que l’on met en jeu dans une négociation, ce qui s’échange ou que l’on échange.3 le travail entre femmes crée des conditions permettant de mieux surmonter les difficultés et les obstacles, dans la mesure où chaque groupe apporte des connaissances, des compétences, des idées et des ressources que l’on peut réunir pour former un portefeuille d’actifs. au lieu de se concentrer sur leurs faiblesses et leurs défauts, on considère les femmes comme des détentrices d’actifs, on reconnaît les diverses ressources dont elles disposent et qui leur permettent de négocier afin de satisfaire leurs besoins, d’atteindre leurs aspirations et d’améliorer leur niveau de vie.4
  •  

     

     


Réunion de femmes de REPE
M         Source: Imelda Arana Sáenz

La dialectique du travail en réseau5

Au cours des dernières décennies, les mouvements sociaux, et en particulier les mouvements de femmes et féministes, ont privilégié l’articulation sous forme de réseaux et d’alliances. les réseaux permettent de tisser des liens dans des espaces proches ou éloignés les uns des autres; ils permettent de relier entre eux les niveaux local, national, régional et mondial afin de garantir le succès des agendas et de coordonner les luttes; ils contribuent à articuler des intérêts avec succès en réunissant et en potentialisant les efforts communs entre actrices et acteurs multiples. les réseaux permettent de maintenir la cohésion entre leurs membres – organisations et femmes – tout en respectant l’autonomie des organisations qui les composent, en affermissant les liens qui les unissent dans les régions vers lesquelles ils convergent. le réseau est également une source d’appui mutuel entre les femmes et les organisations, il maintient vivants les objectifs communs, les échanges d’expériences sur des sujets communs, il facilite le développement de projets et d’actions en commun, ce qui ne veut pas dire que tous pensent, agissent et assument leurs responsabilités de la même manière ou qu’il n’y ait pas de différends. il s’agit de veiller à ce que ces différences se transforment en sources de capacités et de potentialités théoriques et pratiques de manière à renforcer le pouvoir d’incidence du réseau.

Le REPEM, quant à lui, répond aux besoins des femmes de disposer d’espaces autonomes, permettant d’échanger et de faire l’apprentissage de connaissances personnelles et collectives, dans la perspective de renforcer et d’enrichir les pratiques sociales et politiques, mais aussi la vie proprement dite des femmes, entre femmes. les stratégies de formation et de production de connaissances en réseau ont amélioré la visibilité du travail de l’éducation populaire entre femmes, et ont transformé les actions du réseau en espaces d’apprentissage promoteurs de processus. sous cet aspect, le réseau s’est avéré le mode d’organisation qui répond le mieux aux objectifs communs des réseaux d’éducation populaire et au fonctionnement des organisations membres du REPEM.

L’hétérogénéité des origines, des vécus, des niveaux de formation, des biographies personnelles, des réalités socio-économiques et culturelles, des âges, des intérêts, des actifs personnels, des familles etc. font du rePeM un groupe d’êtres humains très vaste, diversifié et complet; afin de mettre en place des actions centrées sur la réalisation des aspirations communes, ce groupe s’est formé en une entité respectueuse de la diversité des niveaux d’engagement, des différences au niveau du temps disponible et des ressources de chacun, des attentes de chaque groupe et de chaque femme envers le fonctionnement de l’organisation en tant qu’unité. Tout ceci a pu être harmonisé grâce aux possibilités offertes par le réseau, qui demande la responsabilité individuelle mais aussi l’engagement collectif; dans lequel chaque organisation et chaque femme donnent ce qu’elles peurent en fonction de leurs conditions et de leurs possibilités; où des dirigeantes jouissant d’autorité émergent du collectif pour servir de porte-paroles dans des moments importants, face à des organismes clés; qui dispose d’expertes dans divers domaines de l’activité humaine; dans lequel il y a solidarité et complémentarité dans le travail; où les hiérarchies en matière de structure de coordination sont rotatives et temporaires; où l’on ne travaille pas pour être payé mais pour des compensations non monétaires; où l’apprentissage entre femmes constitue l’horizon de la croissance et des atouts au niveau personnel et collectif.

En termes d’action politique et culturelle, le rePeM a dû affirmer sa présence dans le domaine de la culture mondiale; c’est un défi si l’on veut faire du réseau un espace dans lequel se revendiquent l’éducation populaire féministe et les droits des femmes, dans les contextes locaux, régionaux et mondiaux; mais aussi dans une logique d’équilibre entre la nécessité de fixer des règles de fonctionnement avec des procédures claires, et le besoin d’agir avec flexibilité, présence d’esprit et créativité afin de pouvoir faire face à des situations de fait et aux diverses propositions soumises, tout en préservant la construction participative, inclusive et démocratique de la vie en réseau.

Les nouvelles technologies: possibilités et dangers

Les mécanismes utilisés pour maintenir le dynamisme du rePeM en tant que réseau ont été nombreux et ont changé au fur et à mesure que se sont transformés la vie sociale et les processus d’interaction et de communication. Ces changements ont eu une incidence indésirable sur la vie organisationnelle: la mise en place de processus à la fois agiles et opportuns à l’aide des nouvelles technologies a eu des effets collatéraux sur les vies et les relations, tant au niveau des personnes que des groupes; à ceci s’ajoute le fait qu’en chemin, les femmes et leurs organisations restent exclues des processus car, pour différentes raisons, elles ne parviennent pas à se familiariser avec les nouvelles logiques médiatiques et virtuelles.

La mondialisation favorise le flux des informations, des biens et des opportunités, ce qui entraîne des changements dans les relations sociales; pour la citoyenneté mondiale, ceci permet de mettre en place des mouvements transnationaux revendiquant des valeurs comme le respect de la diversité, l’autonomie, la liberté et le droit de vivre bien. dans ce nouveau scénario, le mouvement féministe se sert des réseaux comme stratégiesŸ relationnelles et moyensŸ d’information et de communication pour potentialiser son impact politique, militant, social et culturel: tout ceci a favorisé les rencontres entre les diverses branches du mouvement féministe, et entre les organisations de femmes, mais aussi l’articulation avec d’autres mouvements sociaux, environnementaux et écologistes; avec les mouvements en faveur de la diversité sexuelle et de genre; les groupes ethniques et raciaux; les syndicats, les groupes de jeunes, etc.

Les actions entreprises par les réseaux de femmes dans le but de se renforcer eux-mêmes et leur travail dans le cadre de ces nouveaux scénarios ont été multiples, à savoir: élaboration et discussion d’agendas, incidence politique articulée, échanges et stages, identification et diffusion de bonnes pratiques, création d’espaces virtuels permettant de délibérer; mise en place d’espaces de formation présentiels et virtuels, production de recherches par méthode participative afin de fournir des informations utiles à l’exercice politique; création de listes, de chatsŸ et de blogs, utilisation des réseaux sociaux.

Néanmoins, l’abondance des ressources a soulevé, au sein du rePeM, des questions sur le sens et la pertinence de ces réseaux construits sur les nouvelles technologies, dans la mesure où celles-ci se concentrent sur les informations et les nouvelles qui ont lieu en temps réel sans laisser le temps de réfléchir aux mécanismes permettant de trouver un équilibre entre l’êtreŸ démocratique et inclusif, le faireŸ efficient et efficace, et le penser-apprendreŸ par la réflexion et la création collective et délibérative. Ceci incite à se demander si les réseaux sont toujours un tissu social démocratique et solidaire possible à l’heure actuelle, et comment préserver ce concept à une époque où la vitesse des communications définit un ordre du jour impossible à assimiler et encore moins à socialiser de manière correcte.

Une autre question se pose également: est-il possible, à l’heure actuelle, de continuer à concevoir des processus d’articulation équilibréeŸ entre être, penser et agir axés sur l’égalité sociale, économique et entre les sexes, au sein d’une structure en réseau dans laquelle la dimension éducative serait l’élément stratégique clé de l’égalité entre les sexes. C’est la grande question que se pose actuellement le rePeM, d’autant que ses membres considèrent encore le travail en réseau comme une stratégie indispensable pour faire valoir leurs droits; travail qui devrait avoir lieu dans le cadre d’une dialectique dans laquelle les personnes, les groupes et le local se renforcent mutuellement et grandissent dans le cadre d’une interrelation et d’une articulation plus vastes: les réseaux.

Gestion des ressources et financement

Le fait que le réseau soit constitué en majeure partie par des organisations de femmes issues des secteurs populaires est un facteur d’autogestion très important. la capacité des femmes à gérer leurs ressources et à utiliser de manière rationnelle et équitable ce qui relève de leurs responsabilités est immense. les actifs des femmes affiliées au rePeM ont constitué des ressources et des sources de financement qu’elles n’ont ni comptabilisées, ni reconnues à leur juste valeur. de plus, le travail en réseau réduit les coûts et génère des économies d’échelle dans chaque action et chaque domaine d’activité quotidienne, réduisant ainsi les coûts de transaction économique nécessaires à la mise en oeuvre des propositions. dans le domaine des nouvelles technologies, la valeur de la représentation augmente dans la mesure où les coûts de représentation et de leadership se réduisent.

En même temps, et vu ce que nous venons de dire plus haut, les membres du rePeM ont dû gérer et négocier des ressources nouvelles pour la coopération internationale, et plus spécialement pour assurer le renforcement et le soutien institutionnel du réseau, vu l’absence de fonds pour financer leurs actions. les organismes de coopération et les organisations non gouvernementales des pays européens ayant des sympathies pour les pratiques de l’éducation populaire, les mobilisations pour le droit à l’éducation des adultes et l’alphabétisation, ont fourni un appui important. Certaines actions spécifiques ont été soutenues par des organismes internationaux et intergouvernementaux, et par des OnG mondiales qui appuient les luttes en faveur des droits des femmes et/ou du droit à l’éducation. les alliances conclues avec des organisations de femmes ou des organisations mixtes dans le but d’organiser ou de participer à des événements internationaux ont généré des ressources qui ont permis au rePeM d’être présent aux conférences et aux réunions internationales de suivi sur l’éducation, l’éducation d’adultes, le droits des femmes, le développement et la population; ainsi qu’aux conférences mondiales et sud-américaines sur les femmes.

Les organisations de femmes en amérique latine et dans les Caraïbes se trouvent aujourd’hui dans une position financière fragile, créée d’un côté par l’intérêt décroissant des instances des nations unies et de la coopération internationale pour les sujets concernant uniquement les femmes sans être liés à la pauvreté, à la guerre ou aux catastrophes, de l’autre côté par la crise économique et structurelle que traverse l’europe, source importante de ressources en matière de coopération.

À ceci s’ajoute le fait que malgré les avantages que présentent les réseaux virtuels, les opportunités de rencontres présentielles entre femmes diminuent au détriment de la participation des femmes des secteurs les plus exclus; la croissance des nouvelles technologies informatiques dans le monde ne fera qu’approfondira les fossés numériques créés par les injustices sociales, économiques, politiques et culturelles, avec une incidence particulière sur la situation des femmes.

Il va s’avérer de plus en plus difficile de trouver des formes de coopération et de solidarité économique permettant de construire des espaces de relations et de réseautage.

La valeur ajoutée de l’action en réseau

le REPEM, fort d’une expérience de trente années de travail en réseau entre femmes, regroupe actuellement 140 organisations – non gouvernementales et de base – originaires de différents pays de la région, entre autres des organisations bien implantées dans les pays suivants: argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Colombie, Costa rica, équateur, el salvador, Guatemala, Honduras, Mexique, nicaragua, Panamá, Paraguay, Pérou, Puerto rico, république dominicaine, uruguay et venezuela. Plusieurs d’entre elles sont également membres du Ceaal, ce qui permet de maintenir les liens de coopération et d’action commune entre ces deux grands organismes d’éducation populaire et d’éducation pour les jeunes et les adultes en amérique latine.

Durant les trente années de son existence, le rePeM s’est bien positionné dans la région en participant aux grandes activités politiques dans les espaces nationaux, régionaux et mondiaux, à savoir: a) le Forum social mondial, au sein duquel il fait partie du Conseil international et du Conseil hémisphérique, des forums thématiques et des forums sociaux nationaux; b) le suivi des Conférences mondiales sur l’éducation, des objectifs de l’ePT, l’éducation des jeunes et des adultes et les campagnes d’alphabétisation; de même que l’accompagnement de la Campagne mondiale pour l’éducation; c) les actions conformes à sa mission: conférences contre le racisme et la discrimination raciale; conférences sur les femmes, le développement, la population, la non-violence envers les femmes, le financement du développement; action contre la pauvreté par le biais du groupe de travail féministe; Campagne de dépénalisation de l’avortement, Forum démocratie et coopération, y compris le Comité international et les réseaux régionaux latino-américains, africains et asiatiques. enfin, Conférences régionales sur les femmes organisées par le CePal.

Toutes ces actions ont été rendues possibles grâce au travail en réseau; elles ont permis au rePeM d’être représenté au niveau régional pour l’amérique latine auprès du mouvement alternatives de développement avec les femmes pour une nouvelle ère, daWn (sigle anglais), et auprès du bureau genre et éducation du Ciea; de jouir d’un statut consultatif au sein de l’eCOsOC, Conseil économique et social des nations unies; et d’être membre stratégique du Programme régional villes sûres: sans violences à l’égard des femmes et politiques publiques, coordonné par le fonds de développement des nations unies pour les femmes, UNIFEM.






Stand d’information de REPEM
Source: Imelda Arana Sáenz

 

Signataires:

1 extraits du texte Fondements du groupe de travail éducation, genre et citoyenneté GTEŸ, contribution en amont de la vie assemblée générale et du 30e anniversaire du rePeM en novembre 2012.
2 Jeanine anderson. Como generar activos politicos de las mujeres. assemblée du rePeM, mars 2004.
3 (ibid).
4 (ibid).
5 On trouvera ici des extraits du document systématisé par Janneth lozano B. avec des contributions de Jeannine anderson, Cecilia Zafaroni, iliana Pereyra et Herlinda villareal, membres du rePeM. Bogotá, août 2011.

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