L’apprentissage de proximité au … Japon

Cuisiner ensemble.

La fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, provoqua au Japon une extrême pauvreté. Le gouvernement central créa les, qui se révélèrent être une bonne réponse aux besoins des gens d’apprendre de nouvelles valeurs et d’améliorer leur existence. Durant cette période, le développement du pouvoir d’agir des femmes, l’amélioration de la qualité d’une vie saine, la création de revenus et des activités récréatives comptaient au rang des activités populaires dans les kominkans. La loi sur l’éducation sociale, qui reposait sur la loi fondamentale de l’éducation de 1947, entra en vigueur en 1949, époque à laquelle plus de 10 000 kominkans avaient déjà été créés. Le concept du kominkan consiste aujourd’hui à promouvoir l’apprentissage et l’enseignement mutuels, et à soutenir l’apprentissage volontaire au sein de la population locale.

« Le kominkan décida de créer un espace pour que parents et enfants puissent trouver des amis, échanger des informations et passer du temps ensemble. Ce projet fut baptisé manmaruchi. »

Le kominkan ressemble à un centre d’apprentissage de proximité du fait qu’il propose des services éducatifs de proximité non formels. La majorité des kominkans sont créés et gérés par l’administration municipale de villes ou de villages. La plupart des quelque 16 000 kominkans fournissent l’espace qu’il faut pour organiser des activités et programmes d’apprentissage de compétences nécessaires dans la vie courante et s’adonner à des passe-temps et à des activités culturelles. Un total de 244 millions de participants a pris part au 473 000 cours organisés par les kominkans en 2005. Généralement, les kominkans sont installés dans des écoles primaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les autres types de kominkans sont des centres d’apprentissage de proximité créés par des membres de la population locale et fonctionnant sur la base du bénévolat. On les appelle des kominkans autonomes. Ils proposent des cours similaires à ceux offerts dans les kominkans ordinaires. On estime leur nombre au Japon à quelque 70 000. Il n’existe toutefois pas de chiffres officiels au plan national. Les membres des populations locales peuvent demander et développer dans les kominkans autonomes les programmes dont ils souhaitent disposer pour leurs propres besoins.

Le kominkan d’Enzan, au nord du Japon, est petit, mais actif. Ces toute nouvelles activités sont relayées sur son profil Facebook. Madame Yuki Matsui, une responsable de l’éducation sociale, y a lancé le projet manmaruchi d’aide aux familles dans le district d’Enzan.

Le boom économique au Japon à la fin des années soixante changea rapidement la face de l’idyllique région d’Enzan. La population d’origine se mélangea avec les nouveaux venus, des familles nucléaires ou des gens qui faisaient la navette pour aller au travail. La région connut alors une évolution des disparités entre les différents groupes de population. Les nouveaux venus se sentaient seuls du fait qu’ils avaient peu d’amis pour parler des questions concernant la garderie et l’éducation des enfants.

Le kominkan décida de créer un espace pour que parents et enfants puissent trouver des amis, échanger des informations et passer du temps ensemble. Ce projet fut baptisé manmaruchi. Ce terme vient de manmaru qui signifie
rond et doux en japonais et de maruchi qui désigne les points de vue multiples et globaux des mères. D’ordinaire, dix mères ou plus et leurs enfants en âge d’aller à la maternelle ou à l’école primaire participent à des activités telles que l’art de décorer les ongles, la confiserie, la tenue des comptes domestiques et le ménage, et la préparation à l’école élémentaire.

L’une des difficultés auxquelles les kominkans se trouvent confrontés est le fait que les participants s’inscrivent à des cours, sans toutefois prendre l’initiative d’amener d’autres participants ou de proposer ou concevoir d’autres cours. Les participants ont tendance à considérer que les kominkans sont des prestataires de services et qu’eux sont des participants ou des usagers de ces services.

Il existe une autre difficulté, cette fois d’ordre officiel : les municipalités financent la gestion et le développement des programmes des kominkans, ce qui veut dire qu’ils doivent rendre des comptes aux communes ; leurs méthodes sont toutefois rarement partagées par les politiciens et les chercheurs.

Autre grave problème : la diminution du budget de l’éducation sociale affecté aux kominkans, aux bibliothèques, aux musées et aux centres de proximité. Ces réductions vont dans le sens inverse de la politique établie par le gouvernement japonais en matière d’apprentissage tout au long de la vie.

Pour plus d’informations
Kominkan d’Enzan (n. d.) : Flapping Enzan: Each of us is the central character [Habataku Enzan: Hitori Hitori ga Shujinkou] www.facebook.com/enzan.kouminkan
Maruyama, H. (2011): “Social Education” System in Japan. Education in Japan. NIER. 
bit.ly/1mFAvQA
MEX T & ACCU (2008). Kominkan Community Learning Centers (CLC) of Japan.
bit.ly VSpTEk
Association nationale des kominkans  Kominkan.or.jp

L’auteur
Hideki Maruyama, titulaire d’un doctorat, Institut national pour la recherche sur la politique de l’éducation (National Institute for Educational Policy Research – NIER), hidekim@nier.go.jp

 

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