L’Inde et le recyclage 

Martha Farrell
Société pour la recherche participative en Asie
(PRIA – Society for Participatory Research in Asia)
Inde 

 

 

  


 
On entend beaucoup de belles paroles quand il est question de citoyenneté mondiale. S’il y a une planète dont nous sommes citoyens, il faut examiner comment nous la peuplons et comment nous nous comportons. Dans ce monde d’abondance et en ce qui concerne l’accès aux ressources (pour une certaine partie de la population) il est assez aisé pour nous d’utiliser plus de ressources qu’il ne faut et d’oublier la nécessité de les préserver. Il est essentiel de le faire, non seulement parce que tous les humains ont un accès inégal aux ressources, mais aussi en raison des conséquences de la consommation pour notre planète et la génération suivante qui, du fait de notre négligence, pourrait justement se retrouver totalement privée de ces ressources. Si cela arrive, oubliez la citoyenneté mondiale.

Le fait que nous passons plus de la moitié de notre temps éveillé sur nos lieux de travail est une bonne raison de commencer là pour préserver les ressources. À PRIA, nous essayons de le faire dans autant de domaines que possibles : les ressources humaines, l’eau, l’alimentation et, bien sûr, les finances. Nous avons dressé une liste de quelques-unes des approches que nous avons adoptées pour préserver les ressources, compte tenu du contexte dans lequel nous opérons et en analysant ce que nous économisons réellement.

Énergie

Nous éteignons toutes les lumières et tous les ventilateurs lorsque nous ne sommes pas à nos postes individuels. Pendant le déjeuner, nous éteignons les lumières, ventilateurs et écrans d’ordinateurs de l’étage tout entier.

Les radiateurs en hiver et les climatiseurs en été sont allumés à tour de rôle. Par exemple, si une pièce dispose de cinq climatiseurs, seuls trois seront allumés chaque jour. Ainsi, bien que la pièce soit globalement fraîche ou chaude, certains endroits seront peut-être un peu plus chauds ou frais que d’autres, mais c’est supportable du fait que c’est juste un jour par semaine.

Pour nos chambres d’hôtes, nous projetons d’avoir un mécanisme centralisé permettant au personnel d’entretien d’éteindre chaque jour les chauffe-eau, radiateurs et climatiseurs entre 11 et 16 heures. Ainsi, même si un hôte a oublié d’éteindre quelque chose, il n’y aura plus de gaspillage d’électricité. Quand les hôtes sont dans leurs chambres, les ventilateurs fonctionnent en permanence, et en hiver, il y a beaucoup de soleil.

Certains d’entre nous ont besoin de l’ascenseur. Nous avons essayé d’arrêter son fonctionnement une fois par semaine pour économiser de l’énergie, ce qui n’a pas marché. Certains membres de l’équipe ne pouvaient pas emprunter les escaliers pour des raisons de santé. Notre maison d’hôte se situe au quatrième étage, et monter ses bagages jusque-là sans ascenseur n’est vraiment pas facile. Toutefois, nous continuons d’encourager les gens à opter pour les escaliers, la solution la plus saine.

Recyclage

En Inde, nous recyclons presque tout et c’est aussi le cas à PRIA.

Les règles : 

  • les papiers qui n’ont été utilisés que d’un côté sont conservés puis reliés grossièrement sous forme de cahiers à spirale ;
  • nous conservons les vieux journaux et les vendons à une entreprise de recyclage qui en fait des produits en papier recyclé comme des blocs-notes, des enveloppes, des cahiers et autres articles de papeterie ;
  • les conteneurs en plastique de plats à emporter sont stockés et réutilisés pour ranger des produits alimentaires ;
  • les boîtes en carton sont recyclées et utilisées pour emballer des déjeuners/repas pour ceux qui voyagent. Le personnel utilise ces boîtes pour emporter à la maison les restes de nos « déjeuners participatifs », des réunions à l’occasion desquelles tout le personnel se réunit pour préparer ensemble un repas à huit plats, ce qui arrive une fois par trimestre ;
  • le personnel apporte des sacs réutilisables en plastique et en papier destinés à transporter des objets personnels ou, s’ils sont suffisamment chics à être utilisés comme sacs cadeaux.

À PRIA, nous avons opté pour l’utilisation de serviettes en papier dans les toilettes, car le coût de la lessive et de l’eau était considérablement plus élevé du temps où nous utilisions des serviettes en tissu dont l’entretien avait un impact bien plus négatif sur l’environnement. Durant les neuf heures de travail au bureau, nous changions les serviettes au moins 36 fois, et pourtant, l’hygiène n’était pas garantie. Cela signifiait aussi que le personnel d’entretien passait quatre heures rien que pour changer, laver, faire sécher, repasser et ranger les serviettes.

Nous économisons de l’énergie en faisant sécher nos vêtements au soleil et n’utilisons le sèche-linge que pendant la mousson ou quand le soleil n’est pas au rendez-vous, ce qui est rare.

S’il vous plaît, déballez vos cadeaux précautionneusement, en faisant attention au papier qui les enveloppe ! Essayez de recycler le papier cadeau. Il peut arriver que dans certains cas, cela ne soit pas possible :

  1. les papiers fins ont tendance à se déchirer. Leur recyclage prenait du temps et ne marchait pas. En plus, utiliser des papiers moins chers est en soit une façon de préserver les ressources ;
  2. quand certaines personnes ouvrent un cadeau, elles se réjouissent tout autant du cadeau que d’avoir déchiré le papier qui l’emballait. Elles sont bien les seules à se réjouir des morceaux de papier éparpillés.

Nous avons différentes façons de préserver les ressources à PRIA. Nous aimerions savoir comment les autres s’y prennent.  


L’auteur

Martha Farrell (1959-2015) 
Quelques jours après nous avoir envoyé ce texte, Martha Farrell, directrice d’une ONG et éducatrice d’adultes, a été tuée avec treize autres personnes le 13 mai 2015 lors d’une attaque menée par des talibans contre une maison d’hôtes en Afghanistan, à Kaboul. Sa mort représente une grande perte non seulement pour sa famille et ses amis, mais aussi pour la communauté indienne et mondiale de l’éducation des adultes dont elle faisant partie intégrante. Martha était titulaire d’un doctorat de l’université Jamia Millia Islamia de New Delhi et d’une maîtrise en travail social de l’université de Delhi. Elle avait commencé sa carrière en tant qu’alphabétisatrice et n’avait jamais cessé d’élargir son champ de travail dans le domaine de l’éducation des adultes, devenant une défenseuse acharnée des droits des femmes et de l’égalité des sexes. Elle a été directrice de PRIA (Society for Participatory Research in Asia) à New Delhi. Elle a dirigé les activités de PRIA sur l’éducation à distance, fondant et développant l’Académie internationale de PRIA, la branche universitaires de l’organisation qui organise des cours à l’échelle mondiale sur des questions de développement par le biais de son programme d’apprentissage ouvert et à distance.

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